▬ PATRIMOINE

SI LES FÊTES DE PÂQUES NOUS ÉTAIENT CONTÉES

Nous vous proposons une série de quatre vidéos extraites d'un film réalisé par Pascal François (San Vidéo prod) en 1984.

Nous incluons également 6 pages de la revue "Vence durant les siècles" consacrées à ces fêtes :

« Vive la Reine, vive la Reine ». Des jeunes gens acclament les trois jeunes filles au passage de la calèche, la fête vençoise bat son plein de serpentins en bombe et de confettis multicolores, les chevaux attelés font semblant d’ignorer la foule mais pensent à l’écurie paisible qui les attends.

« Devant nous le char n°3 réalisé par l’association… ». L’animateur de la journée fatigue son micro en répétant toujours les mêmes phrases, mais comment pourrait-il faire autrement ? Chaque année depuis environ un siècle, microphone en moins,les fêtes se clôturent le lundi de Pâques par un superbe défilé de nombreux chars de fleurs, confectionnés par des amateurs en tous genres, des petites mains habiles et fragiles qui auront bien souffert durant ces deux ou trois jours de préparatifs…

Lire la suite de l’article publié en 2003 par la revue « Vence durant les siècles » dans son dixième numéro ICI

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Biographie Élise & Célestin Freinet
« Célestin Freinet est né le jeudi 15 octobre 1896 à Gars (06). Il était le cinquième enfant
d'une fratrie de six (dont trois enfants sont morts en bas âge). Ses parents étaient natifs
de Gars, son père Joseph Delphin né en 1854 (décédé en 1939), et sa mère Marie
Victoire Torcat en née 1855 (décédée en 1929). Dans ce village du bout du monde,
d'éleveurs et paysans, la famille Freinet habitait au bout de la rue centrale au numéro 3
“place de la petite fontaine”, avant le chemin des Granges qui part dans la colline pour
conduire à la Chapelle Saint-Joseph, et de l'autre côté le chemin du Jarri qui descend
au torrent. Au rez-de-chaussée ils tenaient une petite épicerie. La première fois que
Célestin Freinet sortit de ce minuscule village pour aller d'abord à Briançonnet (village
le plus proche, à une dizaine de kilomètres), et un peu plus tard à Saint-Auban, à Puget-
Théniers, puis jusqu'à Grasse, il avait dix ans. Il obtint le Certificat d'Études Primaires le
22 juillet 1908 à Saint-Auban. À partir d'octobre 1908, Freinet fut scolarisé, pour trois ans
au collège Carnot de Grasse, puis un an au lycée Amiral-de-Grasse où il passa son
Brevet Élémentaire. Il présenta le concours d'entrée à l'École Normale de garçons en
juillet 1912 à Nice. Mais le 10 avril 1915, âgé de dix-huit ans et demi, il fut mobilisé et
rejoignit son camp d'incorporation à Montélimar le 15 avril suivant. Il fut envoyé en
formation d'officiers à Saint-Cyr-l'École où il se trouva du 15 août au 27 décembre 1915.
Freinet commença le vendredi 25 février 1916 la rédaction d'un carnet de guerre, qu'il
interrompit le 11 novembre 1918. Il fut blessé le mardi 23 octobre 1917 vers 6 heures du
matin, lors d'une attaque menée dans le ravin des Gobineaux.

La fabrication des chars de fleurs du corso des fêtes de Pâques.

Un reportage de 2011

LE RAIL À VENCE 

 

                La ligne de chemin de fer passant par Saint-Jeannet et Vence a fonctionné jusqu’en 1944. Suite au débarquement des troupes alliées, les Allemands, qui étaient dans notre région depuis août 1943, ont fait sauter les ponts ferroviaires de Pont-du-Loup et de Tourrettes-sur-Loup les 18 et 19 août 1944, juste avant leur départ, ainsi d’ailleurs que le pont routier reliant Vence à St Jeannet situé au-dessus de la Cagne, et celui reliant Saint-Paul-de-Vence à Vence au-dessus du Malvan.    

          Après la guerre, le montant des frais occasionnés par la reconstruction des ponts de Chemin de fer a été estimé trop coûteux, les services d’autocars ayant eu la préférence. Tout le long de ce qui est devenu le chemin de Provence, subsistent de nombreux vestiges de l’ancienne ligne. Ainsi la Halte de Gattières et la gare de St Jeannet, transformées en maisons d’habitation après leur rachat auprès des Domaines. Cette gare porte toujours sur son fronton le nom des deux villages desservis : La Gaude et St Jeannet. La gare de Tourrettes-sur-Loup est également occupée par le Club des Boulistes, près du pont resté en l’état. Tout le long de l’ancienne voie on rencontre des tunnels, des petites passerelles enjambant la ligne, et même sur le bas-côté, pour un œil exercé, on remarque encore par endroits les pierres concassées destinées à limiter le bruit de la locomotive.

                La ligne de Tramway desservant la ville de Vence, les villages de Saint-Paul, La Colle-sur-Loup, Villeneuve-Loubet village, et la ville de Cagnes-sur-Mer, a été mise en service en 1911, mais elle n’a fonctionné que durant seize années. Deux films attestent bien du fonctionnement de ce moyen de transport au moins à la date de leur tournage, soit 1937 et 1938 : « Les Pirates du rail » et, surtout, « Ernest le rebelle » de Christian Jaque, avec Fernandel, tourné aux Studios de La Victorine, dont une partie est tournée d’avril à juin à la gare de Tourrettes-sur-loup, avec quelques ajouts de palmes parmi les oliviers, avec un véritable train de la ligne, dont la locomotive sera dotée de pare-buffles, et avec une vue sur le viaduc encore existant, détruit un matin d’août 1944.

 

Raymond Ardisson

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Manuscrit inédit : « Vence 27 août 1944, une journée particulière »

 

                Madame Cazalis-Roederer habitait avec son fils Jean Darquet dans une villa très proche de la villa « Le Rêve », où avait séjourné Matisse. J’avais fait la connaissance de son fils lorsque j’écrivais un article sur le séjour vençois de son voisin Matisse. À son décès il y a 7 ans, un parent venu pour cette triste occasion a retrouvé dans des papiers de famille un manuscrit annoté « À garder : l’arrivée des Américains à Vence ». Connaissant ma revue et pensant que je pourrais être intéressé, il m’a contacté. Cet écrit totalement inédit a été rédigé probablement au soir où le lendemain d’une journée riche d’événements, le 27 août 1944.

                « Avons peu dormi, moi au salon, les Darquet dans mon lit. Nombreuses explosions, l’une très forte, c’est le pont du Malvan qui saute. De La Colle à Grasse six foyers d’incendie. Le canon tire toute la nuit. En quatre colonnes ce qui reste d’Allemands se dirige vers St Jeannet. Est-ce pour longtemps ? Ce matin allons chez ce pauvre Mario où repose le corps d’Auguste (1), Renée et Roger que les Allemands ne laissaient pas monter hier viennent seulement d’apprendre sa mort. Aux Cayrons le bombardement fut effroyable, miracle que ces trois soient en vie. Oubliant mes griefs j’invite Brigitte à déjeuner. Lili très inquiète de Kosma(2). Des maquisards ont été pris et fusillés dont Vincent du Prieuré. Cela n’entame pas l’ardeur de Jean qui s’entête à vouloir partir. Civatte, prudent, estime qu’il vaut mieux attendre, les Américains ne seraient pas loin, du côté de Tourrettes. Jean-Pierre sur place va se renseigner. Il n’y en a pas et on n’en attend pas. Après le déjeuner, comptons faire une sieste réparatrice mais bientôt des rumeurs nous réveillent, on entend des « Dépêche-toi, vite vite ! ». Au loin un son de cloche. Sans nous coiffer, sans même nous arranger un peu nous sautons sur nos vêtements et filons.

                Tout Vence est sur la place du Grand-Jardin entourant deux Jeeps et une douzaine d’Américains. Sur l’une des voitures la mère Révillon, debout et brandissant un drapeau dans toute sa vulgarité écarlate, hurle la Marseillaise (je me serais bien passé du petit signe qu’elle me fait).

                Assez vite la foule se replie avenue Foch où débouchent les F.T.P.(3). Je reconnais le blafard T. trafiquant du marché noir, que le maquis n’a pas eu le temps de colorer. D’autres aussi qui ont fait de la prison. Olivier (4) dans sa candeur leur présente le drapeau, celui de l’éclaireur, ils le lui arrachent, Janie a mal au cœur, Jean la conduit chez   Cassarini tandis que Maryse et moi poursuivons notre but : approcher les Américains. Nous y arrivons. 

                Elle est charmante cette première impression, tous ces hommes ont quelque chose de sain, de franc, un beau regard, des yeux clairs. On les fête, du champagne, du thé, tout ce qu’on gardait précieusement leur est offert. Cet accueil les touche, en Afrique du Nord les populations les ont si mal reçus !

L’Institution Montaigne de Vence

 

                 Fondée en 1905, l’Institution dite alors « Moderne » offre un enseignement de qualité, assorti d’une discipline très stricte. Elle serait aujourd’hui classée École libre puisque le dimanche, même les externes assistent à la messe à la chapelle voisine des Pénitents Blancs, et participent à toutes les manifestations religieuses. Bien sûr l’uniforme est de rigueur, avec dessus une abeille brodée, symbole d’organisation et de travail.

                Cette école arrête son enseignement au niveau de la troisième, après il faudra descendre à Nice pour prolonger ses études, un trajet long et fatigant. Mais en 1930 elle va poursuivre ses cours jusqu’au baccalauréat, et l’institution change de nom devenant l’Institution Montaigne. Un patronage de qualité que celui de l’illustre auteur des « Essais », l’enseignement prodigué dans l’établissement ne le désavouera pas, pas plus que les professeurs. N’y trouve-t-on pas, pour ne citer que lui, Antoine Hadengue, lauréat de l’Académie Française. Les résultats au bac sont bons, et ne cesseront de s’améliorer au fil des années.

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LA FÊTE DES MÈRES

 

                Comme chaque année au mois de juin nous allons fêter les mères. Une fête déjà présente dans les anciens cultes. Dans la Grèce antique comme dans le vaste empire romain, on honore la divinité Cybèle, mère de tous les Dieux.  À Rome, rassemblées devant le temple de Junon, sa fille, protectrice des femmes, symbole de mariage et reine du Ciel, les mères reçoivent  des cadeaux que leur distribuent les prêtres.

                Avec l’émergence du Christianisme, puis sa reconnaissance comme religion officielle, ces célébrations sont remplacées au profit de la Vierge Marie, mère de l’Enfant Jésus, à son tour proclamée Reine du Ciel, et qui devient le symbole fort de toutes les mères.

                Au XVIe siècle en Angleterre, on fête les enfants et leurs génitrices. La France suit, mettant en avant les vertus de la famille et prônant l’importance de la fécondité. Trois siècles plus tard, chez nous, la célébration des mères est sujette à variante. La famille se fête le 14 juillet avec, dans les manifestations, une forte contribution des enfants.

                Aux États-Unis vers 1880, on décrète officiellement « Mothers Day » le dernier dimanche de mai. Dans l’Hexagone après la fin du premier conflit mondial, cette officialisation définitive est dans l’air. Diverses initiatives le confirment. À Paris la Municipalité organise la Fête des familles, à Lyon la Journée des mères. Laquelle en 1928, avec des fortunes diverses, est enfin officialisée dans tout le pays.

                Mais elle ne prendra vraiment son essor, avec le retentissement que nous lui connaissons aujourd’hui, que le 21 mai 1941, dans le cadre de la révolution nationale avec « La Journée nationale des mères », le Régime de Vichy mettant en place une politique familiale promotionnant le mariage, la femme au foyer et la natalité. Sur une des trois photos jointes, à Vence place du Grand-Jardin une petite Vençoise récite un poème en hommage aux mères en mai 1941. Plusieurs lois de ce gouvernement seront abrogées par la suite, celle-ci sera confirmée par décret en mai 1950 sous la présidence de Vincent Auriol, sous l’appellation définitive de « Fête des mères ».

                Bien que récupérée comme d’autres par la société de consommation, elle garde cependant une forte identité de tendresse ; elle est un joli prétexte à de petits cadeaux naïfs et enfantins, souvent confectionnés en classe, et toujours riches de beaucoup d’amour et d’affection.

                Pour ceux qui ont encore la chance d’avoir leur mère, honorons-la ce jour plus encore que les autres, et pour ceux qui ne l’ont plu, pensons à elle ce jour, plus encore que les autres. La plus belle demeure de ceux qui nous ont quittés n’est-elle pas le cœur des vivants…

Raymond ARDISSON

Photo archives de l’auteur /  Illustrations internet

LA CHAPELLE SAINT-PONS

 

                Elle se trouve avenue du Colonel Meyere sur la route de St Paul, presque en face de la Médiatique. Tout comme la chapelle Saint-Crépin et d’autres, à la Révolution elle fut confisquée et vendue comme bien national, et par la suite revendue à deux reprises. Son dernier propriétaire aurait pu conserver avec soin ce précieux témoignage de la foi de nos ancêtres. Il n’en a rien été, l’auvent à été rasé et l’entrée agrandie pour servir de garage. Le même sort que la chapelle Saint-Crépin avenue des Alliés.

                Une visite pastorale du XVIII siècle nous donne quelques renseignements. Deux confréries de métiers l’ont en charge, métiers de fer comme les forgerons et celle des éleveurs comme les bergers.

La chapelle à cette époque est décrite en mauvais état. Le mobilier est des plus restreints, se limitant à une nappe. On voit à gauche de la muraille un tableau représentant Saint Pons et sur la droite Saint Lazare. La pluie passe à travers l’auvent. Comme à chacune de ses visites, l’évêque de Vence – la ville est alors un évêché – déplore que l’avant-toit serve aux paysans pour mettre à l’abri les gerbes de blé au temps des moissons, ou les fèves et les haricots. On y bat quelquefois aussi ce blé, ce qui remplit l’édifice de poussière.

                L’érudit Oswald Baudot, qui a publié et annoté un long texte, dont nous extrayons la partie consacrée à la chapelle, pense que la présence de Saint Lazare sur ses murs pourrait laisser à penser qu’elle aurait pu être la chapelle d’un hôpital, plus particulièrement destiné à recevoir des lépreux, située hors les murs, en campagne au débouché du chemin conduisant au village. Baudot a-t-il eu la chance de la visiter ? Ce n’est pas mon cas, à l’occasion de travaux dans la maison attenante, la petite porte conduisant à la sacristie, aujourd’hui détruite, était entrouverte. J’ai demandé au propriétaire des lieux la permission de la visiter, las, ce sévère cerbère m’a éconduit sans plus de façon. Passons…

                Adossée au mur droit se trouve une jolie fontaine due à l’architecte de la ville, Arthur Teisseire. Elle est décorée de carreaux de céramique avec motifs de roseaux, une œuvre du petit-fils de Caran D’Ache, installé à St Paul-de-Vence comme céramiste d’art, son père étant le dessinateur de presse, précurseur en Europe au XIXe siècle de la bande dessinée.

Raymond ARDISSON

LA VICTOIRE

 

  Les Vençois ayant la soixantaine ou plus se souviennent de cet endroit fédérateur où nous nous donnions rendez-vous pour prendre une consommation, rencontrer les copains et faire du charme aux filles. Ce lieu sera comme une plaque tournante de la jeunesse vençoise. Des patrons aux serveurs, l'ambiance était bien festive et nous pourrions qualifier cette époque de "période champagne". Des dizaines de mobylettes étaient garée aux alentours, signe de notre jeunesse effervescente. Serge et Anne-Marie GUIZOL, ont tenu le Café de la Victoire pendant trente-trois ans, et ne cesseront d'être témoins de nos défilés permanents.

  Au premier étage, les passionnés de billard allongeaient les parties des heures durant, alors que nous jouions en dessous à la belote autour d'une boisson fraîche. N reconstruisions volontiers le monde... un œil rivé sur les jolies filles. L'avantage de ce mémorable lieu résidait dans le fait qu'il ouvrait tôt et fermait tard. Qui ne se souvient pas des délicieuses "Dames blanches" nappées de chocolat chaud et accompagnées de mini feux d'artifices crépitants.  A cette époque, on pouvait être les rois avec 20 francs en poche et être simplement heureux.

  Serge GUIZOL n'a rien oublié de tout cela. Comme par exemple l'arrivée surprise d'un bus Japonais engendrant la vente d'environ 27 "pêches Melba" ; sans compter quelques clients célèbres comme Marc Chagall - client régulier - l'acteur Gregory Peck ou l'artiste -peintre Ozenda. Anne-Marie GUIZOL s'occupait de la gestion et de la bonne tenue de l'hôtel de la Victoire, dont le potentiel était de quinze chambres et d'un merveilleux appartement. Serge a connu sa femme en Algérie, et aime à raconter l'époque militaire qu'il y vécut. Sa devise au Café de la Victoire était basée sur le respect mutuel entre clients et patrons. Pas de débordements et une ambiance saine, sous peine d'éviction immédiate de ce lieu. Il fallait également respecter l'équipe des serveurs dont Georges fut le pilier (plus de trente ans de service), combien de couples se sont connus dans cet établissement, aussi que d'amitiés qui se sont liées autour d'un verre, anniversaire, fêtes en tout genre, des événements inoubliables ponctuaient la bonne ambiance qui régnait chez les GUIZOL.En tant que clients, nous les respections en sachant très bien que, dans le cas contraire, Serge veillait au grain. Il n'hésitait pas à sortir les récalcitrants à la force du poignet, et faisait ainsi son propre ménage. Bien sûr, il ne manque pas de dire que l'objectif principal était de gagner de l'argent, dans un esprit amical mais ferme... Objectif atteint. Chapeau à ce couple qui a su mener son entreprise à bien, et permit aux jeunes que nous étions d'avoir un lieu de rendez-vous, aux jeunes que nous étions d'avoir un lieu de rendez-vous où nous prenions plaisir dans notre bonne ville de Vence. Merci donc à Serge et Anne-Marie d'avoir animé pendant plus de trente ans la place du Grand Jardin, nous ne pourrons jamais vous oublier.        

Damien Courouble

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ERNEST FERNANDEL