Bakermat enflamme les Nuits du Sud
Vence, le 12 juillet 2026 – La place du Grand Jardin a vibré dimanche soir au rythme de Bakermat, tête d'affiche des Nuits du Sud. Devant un public nombreux, le DJ et producteur néerlandais a livré un concert festif mêlant house mélodique, sonorités soul et son célèbre saxophone.
Très vite, les festivaliers se sont laissé entraîner par une ambiance chaleureuse et dansante. Les jeux de lumière et le cadre exceptionnel du centre historique de Vence ont contribué à faire de cette soirée un moment fort du festival.
Entre énergie communicative et titres incontournables, Bakermat a confirmé sa réputation d'artiste de scène, offrant au public une prestation généreuse. Une soirée réussie qui illustre une nouvelle fois l'esprit des Nuits du Sud : proposer des concerts de qualité dans une atmosphère conviviale et estivale.
[reportage Bruno Fiorenzoni]
Breakbot & Irfane font monter le groove
Avant l'arrivée de Bakermat, le duo français Breakbot & Irfane a offert une prestation aussi élégante qu'entraînante sur la scène des Nuits du Sud. Fidèles à leur univers mêlant funk, disco et électro, les deux artistes ont rapidement conquis le public avec leurs mélodies groovy et leurs rythmes dansants.
Portée par la voix chaleureuse d'Irfane et les productions raffinées de Breakbot, la performance a enchaîné les morceaux emblématiques dans une ambiance festive et conviviale. Entre refrains repris par les spectateurs et basses entraînantes, la place du Grand Jardin s'est transformée en véritable piste de danse.
Une prestation généreuse qui a parfaitement lancé cette soirée du 12 juillet, préparant le public à la clôture électro assurée par Bakermat.
[reportage Bruno Fiorenzoni]
Geiste avec élégance
L'artiste franco-britannique a plongé le public dans un univers électro-pop à la fois aérien et envoûtant, mêlant textures électroniques, mélodies sensibles et voix délicate.
Dans une ambiance intimiste, ses compositions ont progressivement captivé les festivaliers, installant une atmosphère propice à la montée en puissance de la soirée. Son interprétation, tout en finesse, a séduit les amateurs de découvertes musicales et confirmé la volonté des Nuits du Sud de mettre en lumière des artistes aux univers singuliers.
Une entrée en matière réussie, qui a ouvert la voie aux prestations très attendues de Breakbot & Irfane, puis de Bakermat, pour une soirée placée sous le signe de l'électro et du groove.
[reportage Bruno Fiorenzoni]
Les Chemins de la Voix
Les Chemins de la Voix ouvrent la soirée du 12 juillet des Nuits du Sud avec émotion
Nous en avons encore eu la preuve hier soir avec le magnifique concert du Conservatoire, qui accompagnait Aurore Iln et Sophie Monaco.
Comme le veut la tradition, les Nuits du Sud du 12 juillet 2026 se sont ouvertes avec Les Chemins de la Voix, un projet artistique participatif qui réunit chaque année des chanteurs autour d'un répertoire spécialement travaillé avec des professionnels. Sur la scène de la place du Grand Jardin l'orchestre du Conservatoire de Vence, dirigé avec précision et sensibilité par Maurizio Lozano.
Bien plus qu'un simple concert d'ouverture, Les Chemins de la Voix incarnent l'une des valeurs fortes des Nuits du Sud : faire de la musique un espace de rencontre, de transmission et de partage. Cette aventure humaine, qui rassemble des participants venus d'horizons différents, illustre parfaitement l'engagement du festival en faveur de la pratique artistique et de l'accès à la culture.
Une ouverture pleine de générosité qui a lancé cette nouvelle édition sous les meilleurs auspices, avant de laisser place aux artistes invités de la programmation 2026.
[reportage Bruno Fiorenzoni]
Kassav' 47 ans de zouk, l’énergie intacte
Ce vendredi 10 juillet 2026, le groupe légendaire Kassav' a enflammé la scène du Grand-Jardin de Vence à l'occasion des Nuits du Sud. Un rendez-vous très attendu par le public, venu célébrer près d'un demi-siècle d'une aventure musicale hors norme.
En 47 ans de carrière, Kassav' s'est produit dans quatre-vingts pays et a vendu plus de cinq millions d'albums, remplissant au passage des Zéniths et même le Stade de France. Un rayonnement international qui n'a pourtant pas toujours trouvé d'écho équivalent en France, où le groupe a longtemps pâti d'une forme de désintérêt, voire de méconnaissance, de la part des médias et des maisons de disques. Une reconnaissance venue notamment d'ailleurs : le jazzman américain Miles Davis avait publiquement salué la musique du groupe, contribuant à asseoir sa légitimité aux yeux du grand public.
La disparition de Jacob Desvarieux en 2019 avait fait planer un temps le doute sur l'avenir du groupe. Pilier créatif et véritable homme d'orchestre de Kassav', il en était l'un des piliers les plus discrets mais les plus essentiels. Plutôt que de chercher à le remplacer à l'identique, le groupe a fait le choix d'intégrer le guitariste Karim Verger, porteur d'une sonorité propre, tout en restant fidèle à l'esprit originel de la formation.
Le passage à Vence s'inscrit dans une tournée qui continue de mener Kassav' sur les routes de France et d'ailleurs. Près de 47 ans après sa création, le groupe conserve intact son pouvoir de fédérer les foules, confirmant, soir après soir, que le zouk n'a rien perdu de sa force de séduction.
[reportage Bruno Fiorenzoni]
Maya Kamaty aux Nuits du Sud
10 juillet 2026 - Vence s'embrase pour Maya Kamaty aux Nuits du Sud
Dès les premières notes, l'artiste réunionnaise, Maya Kamaty, happe son public. Héritière d'une histoire militante et culturelle forte, elle puise dans ses racines réunionnaises pour réinventer les traditions avec audace, portée par un maloya réinventé, tissé de percussions ancestrales et de nappes électroniques. Sur scène, elle défend son dernier opus, une plongée dans une électro-pop ardente aux grooves nomades, confirmant au fil des morceaux un statut d'artiste singulière, insaisissable, à la croisée des mondes. Le public, venu nombreux malgré la chaleur encore présente à la nuit tombée, se laisse porter par cette voix habitée, tour à tour douce et incisive. Entre paroles en créole et énergie brute, chaque titre devient un moment suspendu, presque hypnotique — un supplément d'âme qui rappelle que la musique du monde, ici, n'est jamais un simple décor mais une vraie rencontre. Sous les palmiers de la place, dans cette ambiance chaude et complice si caractéristique des Nuits du Sud, la prestation de Maya Kamaty restera comme l'un des grands moments d'émotion de cette 29ᵉ édition — un pont sonore entre l'océan Indien et la Méditerranée, avant que la soirée ne se prolonge avec la légende du zouk, Kassav'.
[reportage Bruno Fiorenzoni]
Luiza allume la première nuit des Nuits du Sud
Vence, jeudi 9 juillet 2026. Sous les platanes de la Place du Grand Jardin, la 29e édition des Nuits du Sud s'est ouverte ce soir avec une soirée entre fête et émotion. Portes ouvertes à 19h15, premières notes à 20h30 : la ville de Vence s'est transformée, comme chaque été depuis près de trente ans, en salle de concert à ciel ouvert.
Luiza n'était pas une inconnue pour le public vençois. La chanteuse franco-brésilienne avait été repérée sur cette même scène en 2025, avant de connaître une ascension fulgurante qui l'a menée jusqu'à l'Olympia et au Bataclan, portée par le succès viral de Soleil bleu. Ce soir, en ouverture de cette nouvelle édition, elle a livré ce que ses concerts promettent désormais : une pop solaire et métissée, portée par une énergie communicative qui a vite fait danser la place. Entre les titres de son EP Fantastik et les tubes repris en chœur par une foule mêlant habitués et curieux de passage, la chanteuse a transformé son passage en fête collective et intergénérationnelle.
L'ambiance a ensuite changé de couleur avec l'arrivée de Mariam Doumbia, du duo malien Amadou & Mariam, qui se produisait pour la première fois à Vence depuis la disparition d'Amadou Bagayoko l'an dernier. Un concert forcément habité par cette absence, entre mélodies façonnées par plus de quarante ans de carrière commune et la force tranquille d'une artiste qui fait vivre, seule désormais, l'héritage du duo.
Pour ce coup d'envoi, le pari est réussi : entre la fougue solaire de Luiza et la dignité émue de Mariam Doumbia, Vence a retrouvé ce supplément d'âme qui fait des Nuits du Sud bien plus qu'une succession de concerts
[reportage Bruno Fiorenzoni]
Lo Cepon fait la fête !
Le 4 juillet en soirée, le Parc de la Conque à Vence a accueilli le festival des musiques traditionnelles, organisé par l'association Lo Cepon. Une soirée riche en émotions et en énergie, portée par une programmation qui a su marier tradition, transmission et fête populaire.
C'est un cœur féminin ibérique qui a donné le coup d'envoi de la soirée avec Aàgut. Loin de chercher à faire danser le public, la formation a privilégié le partage et l'émotion, offrant une musique qui touche davantage le cœur que les jambes. Une entrée en matière tout en sensibilité, qui a posé les bases d'une soirée aux ambiances multiples.
Parmi les spectateurs, la Banda Dou Paioun est venue rappeler l'attachement du festival aux racines et aux musiques traditionnelles de la région, dans la continuité de l'esprit porté par Lo Cepon.
Changement de registre avec le groupe Aragorn, qui a proposé un véritable Top 50 des musiques celtiques. Un répertoire enlevé, redoutablement efficace, qui a transformé le Parc de la Conque en un faux bal du 14 juillet avant l'heure, entraînant le public dans une ambiance festive et entraînante.
Pour clôturer la soirée, Lou Pitakass a offert un final en forme de voyage musical, de vallée en vallée, comme si la Provence et les massifs voisins n'avaient jamais cessé de dialoguer en musique. Une conclusion vibrante, à l'image de l'esprit de ce festival : faire vivre et circuler les musiques traditionnelles d'un territoire à l'autre.
Une soirée qui aura une nouvelle fois démontré la vitalité des musiques traditionnelles à Vence, entre émotion, transmission et fête, portée par l'engagement de Lo Cepon et de ses artistes invités.
[reportage Marcel Orengo
images Simon Pégurier]
![]() |
|---|
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
Le retour artistique de
Mel Ange à la chapelle des Pénitents blancs
C’est une renaissance artistique que le public a pu célébrer le 4 juin 2026. Après plusieurs années d'éloignement forcé des ateliers — une période que l'artiste qualifie elle-même d'« abstinence » en raison de contraintes personnelles —, Mel Ange a choisi le cadre intimiste et chargé d'histoire de la chapelle des Pénitents blancs pour dévoiler sa toute nouvelle exposition intitulée « Dédale ». Pour l'artiste, cet événement résonne comme une véritable libération et le prélude d'une nouvelle ère de création, un nouvel atelier devant très prochainement lui permettre de s'immerger à nouveau pleinement dans son art.
L'essence de cette exposition puise ses racines dans une pratique bien connue de l'artiste : l'Urbex (l'exploration urbaine). Initialement passionnée par la photographie de lieux abandonnés, Mel Ange s'est détournée d'un genre devenu selon elle trop envahissant pour transposer cette fascination sur la toile. Là où la photographie capture, la peinture à l'huile permet à l'artiste de réinterpréter ces espaces. Elle visite des lieux perçus comme lugubres ou sombres pour en faire jaillir la poésie cachée et cherche à révéler les trésors enfouis derrière les façades de maisons abandonnées devant lesquelles chacun passe chaque jour sans les voir. L'objectif est de figer l'éphémère et d'inscrire ces endroits voués à la disparition dans une forme d'éternité grâce à la longévité de la peinture. Comme elle le souligne elle-même, il s'agit de transfigurer le banal, d'arriver à mettre quelque chose d'intéressant dans ce qui, à la base, paraît anodin.
Le vernissage a réservé une surprise de taille aux visiteurs. Face à la maturité, à la nostalgie et à la profondeur des œuvres présentées, beaucoup s'attendaient à rencontrer un artiste d'un âge mûr, voire un homme. C'est pourtant une jeune femme habitée par son sujet qui a accueilli le public, créant un contraste saisissant avec la perception initiale des toiles. L'exposition ne se veut pas narrative mais allégorique. Qu'il s'agisse de couloirs, d'escaliers ou de salons délaissés, chaque œuvre est conçue pour que le spectateur puisse y projeter ses propres émotions. Pour certains, certaines toiles inspirent l'effroi, tandis que pour d'autres, à l'instar de l'artiste, un escalier baigné de lumière au sommet devient un puissant symbole d'espoir.
Ces espaces picturaux ne racontent pas simplement l'histoire personnelle de Mel Ange, même si ses propres périodes de vie plus sombres s'y reflètent inévitablement. Ils agissent comme des gardiens du vécu de ces lieux explorés. L'inspiration originelle de cette série remonte d'ailleurs à la visite, il y a vingt ans, d'une maison de retraite abandonnée à Saint-Césaire, la villa Rivière d'Azur, où les résidents avaient laissé toutes leurs affaires derrière eux lors de la fermeture. C’est cette empreinte humaine, ce témoignage des existences passées que Mel Ange réussit brillamment à faire vibrer dans les dédales de ses toiles, à découvrir à la chapelle des Pénitents blancs.
Exposition du 23 juin au 11 juillet 2026
[reportage Marcel Orengo]
"Mémoires de l'eau"
Vernissage de l'exposition « Mémoires de l'eau » au Musée de Vence
Il est onze heures du matin, et déjà le thermomètre flirte avec les 33 degrés. Sur la place du Frêne, à Vence, les premières silhouettes se glissent à l'ombre du grand arbre qui donne son nom à la place — un frêne pluriséculaire, planté selon la tradition au temps de François Ier, dont le feuillage dense défie les siècles et la canicule avec la même sérénité. Pas un souffle d'air. La pierre ocre des remparts irradie une chaleur sèche, presque minérale — celle d'un mois de juin qui n'a plus rien de printanier.
C'est dans ce contexte de canicule naissante que le Musée de Vence ouvre aujourd'hui les portes de son exposition estivale : “Mémoires de l'eau“. Le titre résonne avec une ironie douce. Dehors, l'eau se fait rare. Dedans, elle déborde — de sons, d'images, de lumières tremblantes.
Le vernissage réunit un public mêlé : habitants du village en tenue légère, curieux venus de Nice ou de Cannes, quelques artistes et professionnels de la scène numérique régionale. On se presse un peu dans les salles fraîches du château, ce qui n'est pas pour déplaire. L'air conditionné, ici, n'est pas un luxe — c'est une invitation à s'attarder.
Six installations jalonnent le parcours, conçues par des artistes aux univers radicalement différents : Els Viaene, Hernan Zambrano, Onyo, Moritz Simon Geist, Clément Edouart et Pierce Warnecke, et le collectif Les Yeux d'Argos. Chacun explore à sa manière les traces que l'eau dépose dans notre environnement — les visibles et, surtout, les invisibles. Les sons de rivières captés à l'aube en Belgique répondent à des projections qui font couler la lumière le long des murs. Des sculptures cinétiques scintillent comme des surfaces lacustres. Les technologies numériques y côtoient une sensibilité presque poétique, contemplative.
L'exposition est produite en partenariat avec Chroniques, le pôle régional de la création artistique en environnement numérique, basé à Marseille. Elle s'inscrit dans une tradition vençoise de programmation ambitieuse : le Château de Villeneuve, ancienne demeure des Seigneurs de Villeneuve érigée au XVIIe siècle, accueille depuis des décennies des expositions d'art moderne et contemporain qui font de ce musée un des rendez-vous culturels incontournables de la Côte d'Azur.
À l'issue du vernissage, les conversations se prolongent sur la place, sous le frêne et son ombre bienfaisante, dans un ciel immobile et blanc de chaleur. On parle de l'été qui commence, des forêts sèches dans l'arrière-pays, de la mer déjà tiède. Et puis, on retourne voir les œuvres une deuxième fois. Parce que là, dedans, il y a de l'eau partout.
*Mémoires de l'eau* est visible du 27 juin au 1er novembre 2026, du mardi au dimanche de 11h à 18h. Entrée : 6 €, tarif réduit 3 €. Musée de Vence / Fondation Emile Hugues, 2 place du Frêne, Vence.
[reportage Marcel Orengo]
Un nouveau regard sur Matisse
Le Musée de Vence a ouvert samedi 27 juin les portes de sa nouvelle exposition, Mémoires de l'eau.
À l'issue de cette découverte, les visiteurs ont pu accéder aux trois salles consacrées à Henri Matisse, repensées depuis l'exposition de FRANTA. Un espace renouvelé, plus équilibré, qui laisse davantage respirer les œuvres du maître.
C'est Anne-Claire Guellec qui nous a guidés à travers ces salles avec une généreuse disponibilité. Sous sa conduite, le parcours prenait une dimension nouvelle, rappelant à chaque pas le lien profond qui unit Matisse à Vence — lui qui conçut ici, à quelques centaines de mètres, la chapelle du Rosaire, considérée par l'artiste lui-même comme son chef-d'œuvre absolu.
Entre la fluidité évocatrice de Mémoires de l'eau et la plénitude colorée de l'univers matissien, le Musée de Vence offre en ce moment une double invitation à la contemplation.
[reportage Marcel Orengo]
Vernissage de l’exposition « Les Lucioles »
Vernissage de l’exposition « Les Lucioles » — Espace Muséal de Tourrettes‑sur‑Loup
26 juin 2026
La Commune de Tourrettes‑sur‑Loup a inauguré ce 26 juin l’exposition Les Lucioles au sein de l’Espace Muséal. Cette présentation réunit les œuvres issues de la collaboration engagée depuis 2017 entre le sculpteur Jean‑Charles Stora et l’artiste italien Chico Beiso, excusé en raison des fortes chaleurs.
Composée de 34 sculptures, l’exposition s’inspire du texte La disparition des lucioles de Pier Paolo Pasolini et interroge, à travers des fragments de pensée choisis, la place de la lumière dans un monde traversé par l’incertitude. Parmi ces références, certaines résonnent avec une actualité saisissante, telle que la réflexion d’Albert Einstein : « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal mais par ceux qui le regardent sans rien faire. » Ces citations, véritables points d’appui conceptuels, nourrissent un parcours artistique où l’acier, le verre et la pensée se répondent.
Lors de son allocution, Frédéric Poma, maire de la commune, a rappelé l’émotion ressentie lors de la découverte de ces œuvres en 2025 et la volonté de partager ce « coup de cœur » avec les habitants. Il a également salué l’engagement des équipes municipales, notamment les agents du Pôle attractivité du territoire et du service technique, mobilisés pour l’installation de sculptures lourdes et techniquement exigeantes dans des conditions climatiques difficiles. L’exposition rappelle aussi, selon les mots de Michel Serres, que « le connectif remplace aujourd’hui le collectif », une idée que les artistes invitent à questionner à travers leurs œuvres.
Jean‑Charles Stora a exprimé sa gratitude envers la Commune et les services impliqués, rappelant que ce projet est né d’une démarche artistique libre avant de trouver son unité dans la métaphore lumineuse de Pasolini.
L’exposition Les Lucioles est accessible au public pour plusieurs mois à l’Espace Muséal. Les visiteurs sont également invités à découvrir les sculptures de Jean‑Charles Stora installées dans les jardins de la Bastide aux Violettes.
Exposition du 26 juin au 26 novembre 2026
[reportage Marcel Orengo]
La guitare de Blanquart dans le jardin de Matisse
Site Laurent Blanquart : Accueil - Laurent Blanquart
Vence, 25 juin 2026 — La guitare de Blanquart dans le jardin de Matisse
C'est dans le cadre de Festi'Vence, la manifestation organisée par Syrinx Concerts qui propose une vingtaine de concerts gratuits en extérieur sur les places de Vence, qu'a lieu ce soir l'un des moments les plus singuliers de l'édition : non pas sur une place de la vieille ville, mais dans le jardin de la Villa Le Rêve où le peintre Henri Matisse a vécu pendant les travaux de la chapelle du Rosaire.
Depuis 1995, Syrinx Concerts fait bénéficier la ville de Vence de concerts classiques de grande qualité, en invitant des grands noms nationaux et internationaux. Pour cette soirée, l'association choisit un écrin exceptionnel et un format rare : un homme, une guitare, et la mémoire d'un peintre. Laurent Blanquart, élève d'Alexandre Lagoya et premier prix à l'unanimité du CNSM de Paris, est une figure majeure de la guitare classique actuelle, se produisant dans de nombreux pays aussi bien en musique de chambre qu'en musique symphonique.
Ce soir, il n'a besoin ni d'orchestre ni de scène. Assis face au public dans le jardin, parmi les essences méditerranéennes et la terrasse fleurie que Matisse affectionnait, il s'adresse aux spectateurs réunis à la tombée du jour comme on s'installe autour d'un feu. Car la soirée n'est pas un simple récital. Entre deux ou trois pièces musicales, Laurent Blanquart prend la parole — sans notes, avec l'aisance d'un conteur — pour évoquer la vie du peintre. Matisse s'était installé à Vence en juin 1943, sur les conseils de son ami André Rouveyre, et y resta jusqu'en 1949.
Depuis sa chambre du premier étage, il trouvait la lumière, la nature et les conditions qui inspirèrent quelques-unes de ses plus belles œuvres. Des tableaux majeurs comme la Nature Morte aux grenades naquirent ici, à quelques pas de la Chapelle du Rosaire. C'est précisément cette chapelle qui est au cœur
du propos musical de la soirée. Blanquart interprète Palimpseste, une œuvre pour guitare solo du compositeur Thierry Muller. Née de la rencontre du guitariste et du compositeur au cœur de la Chapelle Matisse à Vence, et conçue pour être jouée en ce lieu, cette pièce invite à « écouter » ce chef-d'œuvre ultime d'Henri Matisse. La jouer ici, dans le jardin de la villa où le vieux peintre imaginait ses vitraux et ses découpages, ajoute une dimension supplémentaire : celle du retour aux sources, à l'endroit même où tout fut rêvé avant d'être construit. Quand la dernière note s'éteint, personne ne bouge tout de suite. Vence, Cité des Arts, offre à ses visiteurs quelque chose qu'aucun musée ne peut reproduire : Matisse raconté depuis chez lui, par la voix d'une guitare.
[reportage Marcel Orengo]
21 juin à Vence
La Ville de Vence a célébré la Fête de la Musique ce 21 juin 2026 avec une programmation répartie dans tout le centre-ville, organisée en coordination avec les associations locales et les écoles de musique.
Dès 17h, les premiers ensembles ont lancé la soirée sur la Place du Grand Jardin, où les élèves du Conservatoire ont ouvert les festivités avant de laisser place à un ensemble jazz puis à plusieurs groupes pop‑rock programmés en soirée. Le public, nombreux dès les premières heures, a profité d’un espace élargi et d’un éclairage renforcé mis en place par les services municipaux. Dans le centre historique, le parvis de la Cathédrale a offert une ambiance plus acoustique, avec un quatuor à cordes, une chorale et un duo guitare‑voix qui ont attiré un public en recherche de calme et d’écoute attentive. À quelques rues de là, l’avenue Marcellin‑Maurel, exceptionnellement fermée à la circulation, a accueilli les groupes locaux et azuréens. Rock, funk et reprises des années 80 ont animé les terrasses, très fréquentées tout au long de la soirée.
La Place Clemenceau a été dédiée aux jeunes talents, avec une scène ouverte dès 18h permettant aux musiciens en herbe de se produire devant un public bienveillant. En fin de soirée, un DJ set a pris le relais, rassemblant un public plus jeune jusqu’à 23h, heure de clôture fixée par arrêté municipal. Les services techniques de la Ville avaient déployé un important dispositif pour l’installation des scènes, la gestion électrique et la sécurisation des parcours.
La Police municipale assurait la régulation des flux autour du centre historique, tandis que des médiateurs orientaient les visiteurs. Un stand de prévention sonore distribuait des bouchons d’oreille en partenariat avec une association locale.
[reportage Bruno Fiorenzoni]
Quand la Méditerranée s'accorde à Vence
Vendredi 19 juin 2026
Dans le cadre de la résidence d’artistes qui se déroule actuellement à Vence — sous l’égide de l’association Cités des Arts en Méditerranée (CDAM) —, une rencontre musicale inédite s'est tenue à l’auditorium du Conservatoire de Vence, devant un public d'élèves, de professeurs et d'invités.
Cette édition met à l'honneur les artistes d’Ein-Hod (Soof Nikritin, Natalie Afriat et Daniella Tourgeman) ainsi que ceux d’Essaouira (Abderrahim Harabida et Zack Mtilk).
Pour l'occasion, les musiciens vençois Arnaud Legrand (qui a lui-même effectué une résidence CDAM au Maroc), Grégory Oriol (lui aussi résident CDAM en Tunisie) et Julien Perez ont rejoint Daniella Tourgeman et Soof Nikritin sur scène.
Ces cinq artistes n'avaient pourtant jamais joué ensemble ; pour la plupart, il s'agissait même de leur toute première rencontre. Dès les instruments en main, et sous l’impulsion de Daniella au piano, le quintette s'est lancé dans une improvisation remarquable, offrant un pur moment de complicité et de création spontanée pour le plus grand plaisir des spectateurs.
Un grand merci à eux pour ce moment de partage suspendu, ainsi qu’à CDAM et à sa présidente, Catherine Ambacher.
[reportage Marcel Orengo]
Réunion publique
sur l' OLD
(Obligations légales de débroussaillage)
Le 18 juin 2026, le maire de Vence, Anne Sattonnet, a prononcé le discours d'introduction d'une soirée d'information consacrée aux obligations légales de débroussaillement (OLD), organisée au cinéma Casino de Vence. Devant une assistance restreinte mais attentive, l'élue a tenu à rappeler que cette question concerne directement chaque habitant, qu'il s'agisse de protéger sa famille, son patrimoine, mais aussi les sapeurs-pompiers qui interviennent chaque année au péril de leur vie.
La réunion a réuni plusieurs élus municipaux, le commandant du centre de secours local, un technicien forestier de l'Office National des Forêts (ONF) ainsi que des représentants de la police municipale, illustrant la dimension transversale de cette problématique.
Dans son intervention, le maire a dressé un état des lieux du territoire, décrit comme cumulant l'ensemble des risques naturels : feux de forêt sur un massif boisé couvrant près de 80% de la zone, inondations, mouvements de terrain et chutes de blocs, sans oublier le risque sismique et celui, plus rare mais réel, d'un tsunami.
Face à cette exposition, elle a rappelé les moyens considérables déployés par le département : un service d'incendie et de secours comptant environ 1300 sapeurs-pompiers professionnels et 3300 volontaires, un dispositif saisonnier de patrouilles dédiées à la prévention, un réseau d'une cinquantaine de caméras de surveillance couplées à une intelligence artificielle de détection des départs de feu, ainsi que des moyens aériens et des réserves d'eau spécifiquement installées pour permettre le ravitaillement des hélicoptères bombardiers d'eau. L'an dernier, 54 départs de feu auraient ainsi été détectés et maîtrisés avant qu'ils ne prennent de l'ampleur.
Anne Sattonnet a néanmoins insisté sur la fragilité de ce territoire et sur la responsabilité individuelle de chacun : signaler les comportements à risque, rester vigilant lors des activités en extérieur, et respecter scrupuleusement les obligations de débroussaillement, qui relèvent à la fois d'un impératif de sécurité collective et d'une protection juridique pour les propriétaires concernés.
La soirée s'est poursuivie par la projection d'un film de présentation et une session de questions-réponses avec les différents intervenants présents.
[reportage André Marie et Marcel Orengo]
Au cours de la réunion publique les sapeurs-pompiers on présenté un film-reportage sur les risques d'incendie et les moyens de prévention.
Voici - avec nos remerciements aux autorités concernées pour leur autorisation à utiliser ce film - l'intégralité de la projection.
la transmission artistique au cœur de Vence
Vence, juin 2026. C'est dans le cadre chaleureux et inspirant de l'Atelier des Baous que l'association Koifelart vient de franchir une étape marquante. Après un an à de travail intensif, les artistes fondateurs et les élèves de l'atelier célèbrent l'aboutissement d'une année scolaire entière de création et d'exploration artistique. Pour l'occasion, le local s'est transformé en un véritable espace d'exposition visant à présenter au public les œuvres réalisées au cours de la saison.
Une pédagogie active et intergénérationnelle
Mené par les artistes Patrick Rosiu et Pascal Héranval , rejoints par Gilles Caprini pour la gravure et Moïse Sadoun pour la photographie, le projet de l'Atelier des Baous repose avant tout sur le partage et la transmission. L'atelier se distingue par sa mixité et son ouverture : il rassemble une trentaine d'élèves de tous âges, de 12 ans (collégiens et lycéens) jusqu'à 70 ans. Répartis en petits groupes dynamiques d'environ quatre personnes, ces apprentis artistes se retrouvent lors de sessions régulières — le mercredi après-midi, le vendredi matin ou encore le samedi matin.
La méthode employée par les encadrants s'appuie sur la pédagogie active. L'objectif n'est pas d'imposer des règles rigides d'emblée, mais d'engager directement les participants dans une pratique concrète. C'est au fil de l'action, de l'exploration et de la manipulation que les techniques leur sont transmises. À travers le tracé de la ligne, la recherche de la couleur, le dessin, le graphisme et le travail de la figure, chaque élève est invité à découvrir son propre langage artistique.
Un laboratoire de techniques variées
L'exposition actuelle témoigne de la richesse des disciplines explorées tout au long de l'année au sein de ce laboratoire créatif :
-
Les arts graphiques et le dessin : base de l'exploration visuelle et de la captation du graphisme.
-
La gravure : un enseignement fort et recherché, dispensé au sein de l'atelier.
-
Le lavis et l'aquarelle : pour apprivoiser la fluidité, la transparence et les nuances de la couleur.
-
L'expression plastique globale : où chacun glane les secrets et l'expérience que ces artistes professionnels ont accumulés au cours de leur longue carrière.
« Une œuvre n'existe que dans le regard du public. »
C’est par ces mots que Pascal Héranval rappelle l'importance de cette restitution. Pour les artistes de l'association Koifelart, mener les élèves — et notamment les plus jeunes — jusqu'au bout du processus de création implique de leur faire assumer leur travail face aux autres. Cette exposition dans l'antichambre de l'atelier valide leurs efforts et matérialise leur évolution.
Débutés en octobre 2024 lors de la prise de possession des locaux, les cours de l'Atelier des Baous ont insufflé une belle énergie créative au paysage culturel vençois. Cette première présentation publique marque le succès d'une aventure humaine et artistique que l'équipe compte bien faire vivre encore de nombreuses années.
[reportage Marcel Orengo]
Quatre jours de musique gratuite au cœur de la cité historique
Vence, 14 juin 2026 — C'est à l'Espace Culturel Leclerc, animé par les deux musiciennes Marine Riponi à la mandoline et Maud Négrel à la guitare, que la 17ème édition de Festi'Vence a été officiellement présentée ce matin par le pilier de l'association Jacques Vallée. Rendez-vous incontournable de l'été azuréen, ce festival de musique gratuit organisé par Syrinx Concerts Vence s'apprête à investir une nouvelle fois les places et monuments de la vieille ville, du 25 au 28 juin prochain.
Née en 2010 de la volonté de Syrinx Concerts — association qui organise des concerts de musique classique depuis plus de vingt ans dans la cathédrale de Vence — l'aventure Festi'Vence repose sur un pari audacieux : faire sortir la musique de ses lieux habituels, élargir les répertoires, et surtout, ouvrir grands les portes au public, sans ticket, sans réservation. Seize éditions plus tard, le pari est tenu, et la 17ème s'annonce fidèle à cet esprit.
Avec 21 concerts répartis sur quatre jours, le festival transforme Vence en véritable scène à ciel ouvert. La Chapelle Matisse, la Villa le Rêve, les places Godeau, Cahours et Clemenceau, la Cathédrale : chaque lieu de la cité historique devient un écrin pour les artistes.
Le coup d'envoi sera donné le jeudi 25 juin dans un esprit de recueillement et d'hommage, avec le Chœur Aventurine à la Chapelle Matisse à 19h, suivi à 20h30 d'un concert de L. Blanquart à la Villa le Rêve, rendu hommage au grand peintre qui fit de Vence l'un de ses derniers refuges créatifs.
Ce qui fait la singularité de Festi'Vence, c'est la coexistence naturelle sur ses scènes improvisées de musiciens professionnels aguerris et de talents locaux, d'ensembles classiques et de formations jazz ou world music, de concerts intimistes en cathédrale et de déambulations dans les ruelles. Une alchimie rare, rendue possible grâce aux soutiens de la Ville de Vence, du Département des Alpes-Maritimes et de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Alors que la Côte d'Azur voit chaque été se multiplier les événements culturels payants et souvent inaccessibles, Festi'Vence fait figure d'exception généreuse. Entrée libre à tous les concerts, dans l'un des villages perchés les plus beaux de la région : difficile de faire mieux.
Rendez-vous place Godeau, place Cahours ou devant la Cathédrale, du 25 au 28 juin. Programme complet sur www.festivence.fr — et comme toujours, sous réserve de modifications.
[reportage
Sylvie Orengo
Marcel Orengo]

Salon du Livre
14e édition
Vence, 13 et 14 juin 2026
La Place du Grand Jardin de Vence a vécu, ce week-end, au rythme de la littérature et de la poésie. Pour sa quatorzième édition, le Salon « Lire à Vence », organisé par Claude Joyard, a réuni quelque soixante-dix autrices et auteurs venus de toute la France pour deux journées de rencontres, dédicaces, lectures et conférences. Une manifestation qui, au fil des années, a su construire sa propre identité : populaire sans être superficielle, exigeante sans jamais être austère.
L'invité d'honneur de cette édition était Adam Biro, né à Budapest en 1941, auteur d'une quinzaine de livres et de trois pièces de théâtre, ancien éditeur d'art pendant quarante ans en Suisse puis à Paris. Il venait présenter son tout dernier ouvrage, paru le 7 mai 2026 : Si j'avais quatre dromadaires, un récit de voyages publié chez Séléna Paris Diffusion. À ses côtés, Karin Biro-Thierbach, née à Berlin en 1941, professeure à Sciences-Po Paris et spécialiste de Hannah Arendt, animait sa propre session autour de la question : Hannah Arendt, une rebelle ? La philosophe allemande traversait ainsi le week-end comme un fil rouge intellectuel, convoquée dans une salle de la Villa Alexandrine pour une conférence.
La poésie occupait une place de choix dans le programme. Jean-Yves Reuzeau, fondateur des éditions du Castor Astral et aujourd'hui responsable de la collection « Année Poétique » chez Seghers, présentait son édition 2026 intitulée Chemin de liberté, dont le thème — « La liberté, force vive déployée » — résonnait avec l'esprit général du salon. Spécialiste reconnu de Jim Morrison et de Janis Joplin, Reuzeau incarne une vision de la poésie qui déborde largement les frontières des genres. François Heusbourg, poète, traducteur et directeur des Éditions Unes, lui répondait en écho avec son recueil Une position pour dormir, paru chez Gallimard en 2024. Le dimanche matin, une carte blanche lui était offerte dans une session animée par Reuzeau lui-même, intitulée Donner le ton poétique — moment suspendu dans la rumeur du jardin.
Le dimanche mettait également à l'honneur les Éditions Tipaza, maison fondée en 1992 par Yvy Bremond et Gilbert Casula, consacrée aux livres d'artistes dans lesquels poésie contemporaine et arts graphiques se répondent. Une aventure éditoriale singulière, construite sur des rencontres — à commencer par celle du peintre Gérard Eppelé, qui avait conduit en 1994 à la publication de Lignes de vie, premier titre d'une longue collection.
Mais le salon, c'est aussi une fête pour les enfants. Le samedi 13 juin, la journée « Elmer à Vence » rendait hommage au célèbre éléphant multicolore de David McKee, dont le dernier texte posthume, Elmer and the White Bear, a été illustré par l'artiste vençoise Marysia Milewski. Née à Londres en 1960, enracinée à Vence depuis l'enfance où elle a grandi à l'École Freinet, elle a mené des ateliers avec les élèves de la ville avant de prendre le flambeau laissé par McKee. La journée a réuni petits et grands autour d'un défilé de mascottes depuis la médiathèque jusqu'à la place, d'un jeu de piste dans la cité historique, d'une dictée, d'une scène ouverte avec les élèves des écoles, et d'un spectacle tout-petits en fin d'après-midi. La médiathèque Élise et Célestin Freinet, partenaire essentielle, offrait le grand goûter final.
Le dimanche s'est conclu dans la bonne humeur avec un verre de l'amitié chanté, animé par Arnaud Legrand et Karine Chaix. Une façon simple et joyeuse de refermer ce week-end littéraire — le quatorzième du genre — auquel certains auteurs et autrices sont fidèles depuis la toute première édition. Quatorze ans de rendez-vous ininterrompus, portés par la Ville de Vence, le Conseil Départemental des Alpes-Maritimes, la librairie BD Fugue et quelques partenaires fidèles, qui font de ce salon bien plus qu'un marché du livre : un lieu de vie, ouvert à tous, où un éléphant multicolore et Hannah Arendt peuvent coexister le même week-end — et où cela semble parfaitement naturel.
[reportage Marcel Orengo]
L'exposition intime de Moko
C'est à la chapelle des Pénitents blancs que la photographe et artiste Moko a inauguré son exposition « Tu récolteras la tempête ! (même sous un ciel bleu) », en présence d'Anne Sattonnet, maire de Vence. Cette œuvre est, de l'aveu même de l'artiste, la plus intimiste de sa carrière.
Le projet prend la forme d'autoportraits à deux : Moko et son complice de longue date se partagent les rôles, passant alternativement devant et derrière l'objectif pour raconter la relation amoureuse dans toutes ses nuances — tendresse, passion, surréalisme — jusqu'à un chapitre final composé de « fausses vraies » photos de mariage. Pour une fois, la muse est un homme.
À travers des images qui oscillent subtilement entre intentions faussement vernaculaires, clichés « soi-disant oubliés » et poses volontairement étudiées, l'artiste explore la complexité des sentiments amoureux, teintée de cynisme et d'écartellements émotionnels. Le spectateur est invité à observer ce couple, fictif ou réel, qui « aurait un jour vécu ici ou là », s'aimant autant qu'il se déteste.
Habituée de Nice, l'artiste a cette fois choisi Vence, « ville profondément ancrée dans la culture », séduite par l'ouverture des musées locaux aux créateurs de la région. « L'occasion était trop belle pour la laisser passer », confie-t-elle.
Moko sera présente chaque dimanche, l'équipe des musées de Vence assurant l'accueil en semaine. L'exposition est visible jusqu'au 20 juin.
[reportage Marcel Orengo]


Une Méditerranée de voix, de chants et de mémoires
« Mare Nostrum » : une Méditerranée de voix, de chants et de mémoires.
Soirée de clôture de Vence en Poésie – Salle des Meules, 4 juin 2026.
Il flottait, ce jeudi 4 juin, dans la salle des Meules, une lumière de fin de saison : ce mélange de gratitude,et de ferveur qui accompagne les rendez-vous où l’on sait que quelque chose s’achève — et qu’autre chose déjà commence.
Pour clore la saison 2025-2026, Vence en Poésie accueillait le duo Julie et Eneko St André pour un spectacle rare,« Mare Nostrum »tissage de voix, de langues, de souffles et de musiques autour de la Méditerranée, ce « cœur battant de notre civilisation occidentale »
Un voyage autour de la mer intérieure Mare Nostrum n’est pas un concert, ni une lecture, ni un récit : c’est un passage, une circulation.
Julie St André, au saxophone, ouvre des brèches : la mer hallucinée, la mer patiente, la mer femme « sur les genoux de l’aube ».
Eneko St André, lui, fait surgir les voix : Cavafy, Darwich, Ethel Adnan, Camus, Yannis Ritsos, Paul Valéry, Jacques Prévert, Miguel Hernández…
Des fragments, des éclats, des appels.
« Quand tu partiras pour Ithaque, souhaite que le chemin soit long… »
La soirée devient alors un retour à Ithaque, non pas celui d’Ulysse, mais celui de chacun : retour chargé de l’histoire humaine, des gravas de nos terres, des morts qui visitent la nuit, des papillons qui donnent lecture de la vie.
La musique comme respiration
Le saxophone de Julie St André — parfois souffle, parfois plainte, parfois cri — relie les continents.
On y entend Misirlou, Fortunella, La Mémoire et la Mer, des chants espagnols (« alma profunda y oscura… »), des réminiscences de Rome, de Barcelone, d’Alicante, d’Oranie.
La mer, toujours recommencée, comme l’écrivait Valéry.
La mer qui « est entière, elle te prend, elle abat les frontières ».
La mer où « la mort n’y peut rien ».
Une Méditerranée tragique et solaire.
Les extraits de Camus, notamment « L’Été » ont traversé la salle des Meules comme une brûlure douce : la beauté oppressante,la plénitude angoissée,la glue de l’eau sur la peau,la pesanteur de chair et d’os sur les plages d’Oranie.
Ni dualité ni unité : le multiple est toujours un.
C’est peut‑être cela, la Méditerranée : un triangle céleste où nous sommes pris, un fluide lourd, une mémoire tentaculaire.
Une terre d’asile : la poésie dans un monde de vents contraires, de tempêtes, de guerres et de déchirures...
« Mare Nostrum » a rappelé ce que Vence en Poésie porte depuis six ans la poésie comme terre d’asile de la vraie vie, sans prérequis, sans conditions, sinon notre commune humanité.
Un lieu où les langues se répondent, où les morts conversent avec les vivants, où les frontières se dissolvent, où la mer relie ce qu’on croyait séparé.
« Mare Nostrum « fut plus qu’un spectacle : une traversée, un chant, une mémoire partagée.
Une invitation à continuer, ensemble, à faire de Vence un lieu où la poésie demeure vivante, vibrante, hospitalière.
Remerciements
La soirée s’est ouverte par un hommage chaleureux : à la Ville de Vence, à l’association Lire à Vence, à sa présidente Claude Joyard, et à tous les fidèles amis de la poésie. Sans eux, ces rencontres n’auraient pu naître, grandir, respirer.
Prochain rendez‑vous le 30 octobre 2026.
La nouvelle saison de Vence en Poésie s’ouvrira le 30 octobre 2026, avec une question qui traverse toutes les littératures : Traduire la poésie : est‑ce possible ?
Nous aurons l’honneur d’accueillir Maria Mailat, écrivaine, anthropologue de formation, traductrice d’origine hungaro‑roumaine, pour répondre à cette question, comment passe‑t‑on d’une langue à une autre sans perdre le souffle, la musique, l’âme ?
(Maria Blazquez)
Vence accueille les potiers
Le Marché des Potiers a rassemblé ce week‑end, les 30 et 31 mai, une trentaine de céramistes sur la place du Grand Jardin, confirmant une nouvelle fois l’importance de ce rendez‑vous dans le calendrier culturel vençois. Pour cette 35ᵉ édition, le public a découvert une grande variété de créations en grès, faïence ou porcelaine, allant des pièces utilitaires aux sculptures contemporaines. Les démonstrations de tournage ont attiré de nombreux visiteurs, tandis que les ateliers de modelage proposés aux enfants ont rencontré un vif succès. Dans une ambiance conviviale, les échanges entre artisans et habitants ont rythmé ces deux journées ensoleillées, renforcées par la présence d’une buvette mettant en avant des produits locaux. Avec une fréquentation soutenue et un accueil chaleureux du public, le Marché des Potiers s’impose une fois encore comme un moment fort de la saison culturelle à Vence.
[reportage France-Hélène]
La fête de la chapelle Saint-Lambert célébrée à Vence
La chapelle Saint-Lambert de Vence a retrouvé toute sa ferveur ce 26 mai 2026, à l’occasion de la traditionnelle fête dédiée au saint patron. Habitants, fidèles et visiteurs se sont réunis dans une atmosphère chaleureuse et recueillie pour partager ce moment de foi et de convivialité profondément ancré dans la vie vençoise.
La messe solennelle a été célébrée par le chanoine Daniel Brehier, devant une assemblée venue pour honorer cette fête locale. Dans la simplicité et la solennité propres au lieu, la célébration a mêlé prières, chants et moments de méditation, rappelant l’importance de préserver les traditions spirituelles et culturelles qui font l’identité de la cité.
Parmi les personnalités présentes figuraient la Reine de Vence, Marie-Valentine, et ses deux demoiselles d’honneur, Eléonore et Elsa, dont la participation a apporté une dimension symbolique et festive à cette journée.
Au cours de l’homélie, le chanoine Daniel Brehier a également rappelé l’histoire de Saint Lambert, figure majeure du patrimoine religieux vençois. Né à Bauduen au XIe siècle sous le nom de Lambert Pelloquin, il devint évêque de Vence en 1114 et consacra quarante années de sa vie à son diocèse. Reconnu pour sa sagesse, son esprit de paix et son attention portée aux plus pauvres, il demeure aujourd’hui encore le saint patron de la ville. La tradition rapporte qu’il venait régulièrement prier près d’une source située à proximité de la chapelle actuelle, source à laquelle furent attribués plusieurs miracles. Ce lieu devint alors un important site de pèlerinage pour les habitants de la région. (vence.fr)
Le célébrant a aussi évoqué la construction de l’actuelle chapelle Saint-Lambert, édifiée en 1881 grâce à la mobilisation des habitants de Vence, profondément attachés à leur saint protecteur. Cette mémoire collective continue aujourd’hui de se transmettre à travers la célébration annuelle organisée chaque 26 mai, date de la fête de Saint Lambert. Leur présence a été chaleureusement saluée par les participants, témoignant du lien étroit entre les traditions populaires vençoises et la vie religieuse locale.
Tout au long de la cérémonie, l’émotion était palpable dans cette petite chapelle chargée d’histoire. La musique provençale du groupe folklorique La Brissaudo et les chants liturgiques résonnaient sous les voûtes tandis que les fidèles se recueillaient dans une ambiance paisible et fraternelle.
À l’issue de la célébration, les échanges se sont prolongés sur le parvis de la chapelle dans un esprit de partage et d’amitié. Cette fête de la Saint-Lambert a une nouvelle fois illustré l’attachement des Vençois à leur patrimoine religieux et à leurs traditions locales.
Entre mémoire, foi et convivialité, cette édition 2026 restera comme un beau moment de rassemblement pour la communauté vençoise.
[reportage André Marie]
Une immersion poétique entre galeries, musique et littérature
Vence, 23 mai 2026 – Sous un ciel étoilé, Vence a vécu au rythme de la Nuit des Arts, une manifestation artistique aussi audacieuse qu’envoûtante, orchestrée par Claude Joyard. Pour cette édition, les ruelles et les galeries d’art de la cité historique se sont transformées en un parcours sensoriel, où les frontières entre les disciplines s’estompent.
Dès la fin d’après-midi, les visiteurs, armés de leur curiosité, ont été invités à déambuler de galerie en galerie, découvrant au fil de leur chemin des œuvres visuelles signées par des artistes locaux et internationaux. Les murs, habituellement silencieux, ont résonné des mélodies envoûtantes de Catherine et Jean-Denis Ricci, dont les interprétations, à la fois contemporaines et intemporelles, ont créé une atmosphère particulièrement agréable. Leurs notes, tantôt douces tantôt vibrantes, semblaient dialoguer avec les toiles et les sculptures exposées, offrant une expérience immersive où l’art visuel et la musique ne faisaient plus qu’un.
Mais la Nuit des Arts ne s’est pas contentée de solliciter l’ouïe et la vue. Claude Joyard, figure incontournable de la scène culturelle vencoise, a prêté sa voix à des lectures poétiques, choisies pour leur résonance avec l’esprit de l’événement. Aux côtés de l’écrivain Eneko Saint-André, dont les textes, à la fois lyriques et engagés, ont captivé l’assistance, elles ont donné vie à des mots qui semblaient danser entre les œuvres et les spectateurs.
« C’est une nuit où l’art se vit dans sa globalité, où chaque sens est sollicité, où chaque pas est une découverte », confiait un visiteur ému. L’initiative, saluée pour son originalité, a su rassembler un public varié, des amateurs d’art aux simples promeneurs en quête d’émotions.
La Nuit des Arts a ainsi prouvé, une fois de plus, que Vence reste un terreau fertile pour l’audace créative, où l’art, sous toutes ses formes, sait encore émerveiller et rassembler. Rendez-vous est déjà pris pour l’édition 2027.
[reportage Marcel Orengo]
Fête des Fontaines Vence au fil de l'eau
Vence, le 23 mai 2026 — Les rayons d’un soleil de fin de printemps font scintiller les gouttes d'eau qui s'échappent des vasques en pierre, tandis que le parfum des œillets et des roses fraîchement coupés envahit les ruelles pavées. Ce samedi, la cité médiévale de Vence a revêtu ses habits de fête pour célébrer la vingtième édition de la Fête des Fontaines. Orchestré avec passion par l'association culturelle Lo Cepon, cet événement annuel fait bien plus que décorer la ville : il ravive le lien millénaire qui unit les Vençois à l'eau de la Foux, cette source précieuse qui alimente les vingt-sept fontaines de la commune depuis l'époque romaine.
Dès le matin, une effervescence joyeuse a gagné le centre historique. Armés de sécateurs, de lierre et de brassées de fleurs multicolores, les habitants et les bénévoles se sont réapproprié ces monuments de pierre, transformant chaque point d'eau en une œuvre d'art végétale unique. C'est l'essence même de cette journée, un hommage poétique à une ressource que l'on oublie trop souvent de célébrer et qui, pourtant, dicte le rythme de la vie locale depuis des générations.
En milieu d'après-midi, le signal du départ a été donné depuis le square Simone Veil. Les premières notes des fifres et des tambourins ont résonné, marquant le début du traditionnel défilé. Dans le sillage des musiciens, une foule compacte et souriante s'est engouffrée dans le dédale des rues. Ce défilé musical et mémoriel s'est arrêté devant chaque fontaine fleurie, comme pour la remercier de sa générosité quotidienne, mêlant les rires des enfants au clapotis régulier de l'eau.
Pour clore cette partition sans fausse note, les festivités ont convergé vers la place du Grand Jardin. Dans une ambiance de place de village d'autrefois, les participants ont sorti leurs éco-gobelets pour partager un apéritif fraternel et goûter, ensemble, à l'eau fraîche de la Foux.
[reportage Marcel Orengo]
Dix ans de terre et de liens
Sous un ciel éclatant de fin de printemps, d’un bleu presque irréel, les Jardins Familiaux de Tourrettes-sur-Loup ont fêté leur dixième anniversaire.
Ici, on ne célèbre pas seulement une date, mais une histoire vivante, écrite par les mains et les cœurs des adhérents. Dès l’entrée, Nicole Lambert, présidente de l’association, accueille les visiteurs avec la sobriété et la détermination qui ont marqué son mandat. Autour d’elle on s’affaire, on échange des conseils avec le visiteurs. Cette journée n’est pas qu’une fête, mais le récit d’une décennie d’engagement.
Anne Desvaux, trésorière, nous guide entre les parcelles soigneusement entretenues. « Il y a dix ans, ce n’était qu’une friche envahie de ronces. Tout était à faire », explique-t-elle en montrant les espaces construits par les bénévoles, les réseaux d’arrosage posés au fil des ans, les zones de plantations conçues pour réduire la chaleur des rayons de soleil. Chaque détail porte la trace d’un travail collectif, discret mais constant.
Les Jardins Familiaux ne sont pas qu’un espace de culture : ils sont devenus un lieu de rencontre, un laboratoire d’idées et un point d’ancrage pour la communauté. Plusieurs parcelles accueillent des ateliers pédagogiques ou des expérimentations de variétés anciennes. Les jardiniers présents confirment que ce lieu a changé leur quotidien, créant des liens entre des habitants qui ne se seraient peut-être jamais croisés.
Nicole Lambert, malgré une légère fièvre, circule entre les groupes, répond aux questions, rappelle les valeurs fondatrices : respect de l’environnement, solidarité, transmission. Sous sa présidence, l’association a consolidé sa place dans la vie du village, multiplié les partenariats et renforcé sa visibilité.
L’ambiance de la journée reflète cette dynamique : conviviale, mais aussi studieuse. Chacun semble conscient que ce lieu est le fruit d’un effort rare, où le temps long et la patience ont été les vrais moteurs.
En quittant les jardins, on retient l’image d’un espace qui a su évoluer sans perdre son esprit d’origine. Dix ans après leur création, les Jardins Familiaux apparaissent comme un modèle local de gestion partagée et de participation citoyenne. Et à écouter Anne Desvaux et Nicole Lambert, l’histoire n’est pas près de s’arrêter.
[reportage Marcel Orengo]

10 ans ! Avant-Après
Sophie Blet et les enfants illuminent la nuit
Un projet mené avec le Frac Sud, le Parc naturel régional des Préalpes d’Azur et la commune de Tourrettes-sur-Loup.
Tourrettes-sur-Loup, 22 mai 2026 – L’Espace Muséal du Château-Mairie s’est transformé en un véritable terrain de jeu artistique pour le vernissage de l’exposition « Il se pourrait que cette image demeure ». Entre les murs chargés d’histoire, Frédéric Poma, le maire, Sophie Blet, l’artiste invitée, et une ribambelle d’enfants de l’école Jean Ordan ont donné vie à une soirée aussi créative qu’enchantée.
Sophie Blet, connue pour son exploration des espaces intermédiaires entre réel et imaginaire, a embarqué les écoliers dans une aventure nocturne bien particulière. Pendant plusieurs semaines, les enfants ont planché sur une carte-costume collective, mélange de rêve, de dessin et de modelage, qui évoque à la fois un guide et un abri. Les plus petits, eux, se sont inspirés des étoiles pour créer un sol en argile représentant le ciel, comme une invitation à lever les yeux vers l’infini.
Côté atelier, Sophie Blet a présenté ses dernières œuvres : des peintures sur laiton où les paysages semblent se dissoudre, comme si le temps et l’espace perdaient leurs repères. « C’est un peu ce qu’on ressent la nuit, quand tout devient flou et poétique », confie-t-elle avec un sourire.
L’exposition, à voir jusqu’au 18 juin, est une belle occasion de découvrir comment l’art peut éveiller notre regard sur le monde nocturne. Et pour ceux qui veulent prolonger l’expérience, un Rendez-vous du Parc est organisé samedi 23 mai en soirée (sur réservation) : une plongée dans l’univers mystérieux de la nuit, à ne pas manquer !
[reportage Marcel Orengo]
Le village aux pétales de rose
La Colle‑sur‑Loup a vécu ce 17 mai 2026 une journée baignée de parfums et de couleurs, entièrement dédiée à la rose Centifolia, fleur emblématique du village. Dès le matin, les ruelles se sont animées d’un marché foisonnant où rosiéristes, artisans et créateurs présentaient leurs œuvres, entre bouquets éclatants, objets façonnés à la main et compositions florales délicates. La thématique “Floraison artistique” s’est déployée partout : danseurs surgissant au détour d’une placette, musiciens improvisant sous les façades anciennes, ateliers de collage, de dentelle ou de savon attirant petits et grands.
La parade “Fleurs magiques” a offert l’un des moments les plus attendus, avec l’apparition d’une robe entièrement composée de pétales, fragile et lumineuse, comme un clin d’œil à l’histoire horticole du village. Tout au long de la journée, les visiteurs ont circulé entre démonstrations de distillation, conseils de jardinage, expositions spontanées et visites guidées rappelant le passé parfumé de La Colle‑sur‑Loup, autrefois fournisseur des parfumeries grassoises. En fin d’après‑midi, la musique du bal de la rose a prolongé l’atmosphère douce et festive, tandis que les derniers promeneurs savouraient encore cette parenthèse où le village avait retrouvé son identité florale.
[reportage France-Hélène]
L’Exil en Images et en Mots
Ce mercredi 13 mai 2026, le Musée de Vence a franchi une étape marquante de sa politique culturelle avec la restitution, à 18h, du projet de l'auteure-photographe Elizabeth Choleva au sein de la « Galerie des publics ». Cet espace novateur, dont la scénographie a été conçue par Louise Chatelain et Théophile Sargenti (étudiants à l'ESAP - Pavillon Bosio), est spécifiquement dédié à l’expression et à la création des différents publics du musée tout au long de l’année.
Sous l'impulsion de son directeur de la Régie Culturelle, Jean Iborra, l'institution affirme sa volonté de placer l'expérience citoyenne au premier plan. Cette démarche s'inscrit en résonance directe avec l'exposition « La Condition Humaine » du célèbre peintre Franta, présentée du 24 janvier au 24 mai 2026. Le parcours de Franta, marqué par les tensions de l'histoire et le déracinement, a servi de catalyseur à cette proposition participative explorant les expériences contemporaines de l’exil et de l’acculturation.
C'est sous cette influence tutélaire qu'est né le projet de cœur d'Elizabeth Choleva. Née en République tchèque et ayant elle-même connu l’exil dans les années 1980, l'artiste a développé une recherche centrée sur les trajectoires de vie entre territoires et langues. Durant une semaine d’ateliers mêlant photographie et écriture, une dizaine de participants issus de parcours migratoires ont confié leurs récits, transformant des photos de famille, des objets du quotidien et des fragments de textes en supports d’une narration collective.
À travers cette cartographie humaine saisissante, l'artiste met en lumière les dimensions souvent invisibles de l’exil : les transformations intimes et linguistiques qui façonnent l’individu. En présence des élus locaux, Jean-Yves Iborra a salué cette réalisation qui permet de transformer l'expérience de l'exil en un dialogue universel. En associant les efforts de l’équipe du musée, du centre social ISI Montjoye et de l’artiste Franta, cette restitution à la Galerie des publics rappelle que l’art est un lieu privilégié pour rendre visibles des trajectoires humaines complexes et partagées.
[reportage Marcel Orengo]
Impressions du XIXᵉ siècle
Le dimanche 10 mai, la salle des Meules accueillait Eugène et Hortense, nouvelle inédite de Mireille Perrin, mise en voix par la Comédie des mots avec Patricia, Solange, Maria Liza et Jean‑Michel.
Le spectacle proposait une immersion dans le XIXᵉ siècle, mêlant personnages fictifs et figures historiques, dans un style impressionniste soutenu par des intermèdes musicaux.
La représentation a suscité un large enthousiasme. Les spectateurs ont salué « la très belle écriture », « la diction impeccable » et « l’interprétation magistrale ». Plusieurs ont souligné « le vocabulaire précis et raffiné », « le travail de recherche » et « le plaisir de retrouver Victor Hugo, visionnaire trop oublié ».
D’autres ont qualifié la soirée de « réussite à refaire absolument » et ont adressé un « bravo à toute l’équipe pour la mise en scène ».
Un spectacle original, apprécié pour la qualité de son texte, la justesse et l emotion de son interprétation ainsi que la finesse de sa relecture historique.
[reportage Maria Blasquez]
Marie Raffalli : Éphémérides
Ce 9 mai 2026, l'émotion était palpable à Vence lors du vernissage de l'exposition « Éphémérides », organisée par la Galerie des Baous et l’association Koifelart. Ce rendez-vous culturel, dédié à la mémoire de la photographe Marie Raffalli, disparue le 2 mars dernier, a réuni un public venu célébrer une œuvre où la nature et la lumière ne font qu'un. Frédéric Lamasse, son compagnon, a porté la voix de l'artiste en s'inspirant d'un entretien réalisé en novembre 2025, transformant cette soirée en un ultime dialogue artistique.
Au cœur de cette rétrospective, on découvre le « rituel » immuable de Marie : poser une fleur, s'armer de patience et observer les caprices de la lumière naturelle, sans jamais recourir aux artifices des projecteurs. Pour elle, photographier une fleur n'était pas un acte de capture, mais une écoute attentive des variations chromatiques et des textures que seule la clarté du jour peut révéler. L'artiste chérissait particulièrement les fleurs qui « vivent », celles qui se fatiguent et se transforment, voyant dans une corolle qui fane une forme de danse organique et contorsionnée. Si le noir et blanc lui permettait de saisir l’essence pure du mouvement, elle savait s'effacer devant l'exigence de la couleur pour certaines variétés comme le pavot.
L'hommage s'est enrichi de la présence de six artistes ayant répondu à l'appel pour accompagner ses clichés de manière spontanée avec Olivia Richard, Daniela Foltynova, Jean-Sylvain Cabot, Marc Belli, Patrick Rosiù, Moïse Sadoun,
Leurs contributions, enveloppées par le fond musical délicat d'Arnaud Legrand, ont créé une atmosphère de recueillement et de beauté suspendue. Comme l’a souligné Frédéric Lamasse avec une justesse émouvante, le travail de Marie Raffalli n'était pas une démarche intellectuelle forcée, mais une réponse instinctive à l'appel de l'objet et de l'interpellation de la lumière. Grâce aux captations de Vence-Info-Mag, ce moment de mémoire restera gravé, rappelant que si les fleurs sont éphémères, le regard porté sur elles peut devenir éternel.
[reportage Marcel Orengo]
Voici le lien pour revoir l’interview de Marie Raffalli par Isabelle Nivières :
Dialogue : la création partagée
Vernissage de “Dialogue” : deux sculpteurs, une même œuvre
La Chapelle des Pénitents Blancs accueillait ce 9 mai 2026 le vernissage de Dialogue, une exposition qui réunit les sculpteurs Paolo Bosi et Jean‑Marie Fondacaro. Devant un public nombreux, parmi lequel figuraient plusieurs artistes reconnus comme Franta et Fillod et bien d’autres artistes locaux, les visiteurs ont découvert un projet rare dans le paysage artistique local : des œuvres conçues à quatre mains, où deux univers sculpturaux distincts se rencontrent réellement dans la matière.
Car si Bosi et Fondacaro exposent chacun leurs pièces personnelles, l’intérêt majeur de Dialogue réside dans ces sculptures communes, nées d’un processus de création partagé. Loin d’une fusion ou d’un compromis, les deux artistes ont choisi de laisser leurs écritures coexister : la douceur minérale et les paysages intérieurs de Bosi se mêlent aux tensions verticales et aux forces vitales chères à Fondacaro.
Le résultat surprend : des formes hybrides, où l’on reconnaît la main de l’un, la poussée de l’autre, et surtout cet espace intermédiaire où la matière devient un terrain de négociation.
Les artistes racontent volontiers comment certaines pièces ont été laissées “ouvertes”, inachevées, pour que l’autre y inscrive son geste. Une manière de travailler qui demande confiance, écoute et une vraie disponibilité créative. Cette dimension collaborative donne à l’exposition une énergie particulière, presque expérimentale.
Dans la nef de la chapelle, ce dialogue sculptural prend toute son ampleur. Les œuvres individuelles éclairent les pièces communes, et inversement, révélant ce qui rapproche les deux artistes autant que ce qui les distingue.
Dialogue est à découvrir jusqu’au 29 mai 2026 à la Chapelle des Pénitents Blancs.
[reportage Marcel Orengo]
Mémoire et hommages du 8 Mai 1945
Vence : La Mémoire en Héritage pour le 8 Mai
Sous un soleil radieux, Vence s'est parée de solennité pour commémorer la victoire du 8 mai 1945. Cette cérémonie, empreinte d'une émotion palpable, a placé la transmission au cœur de ses hommages, transformant ce moment de recueillement en une véritable leçon d'histoire vivante pour la cité.
En présence d’Anne Sattonnet, maire de Vence, entourée de nombreux élus, l’événement a débuté par l'intervention d'Anny Double, présidente du Souvenir Français, qui a insisté sur le fait que la mémoire ne doit pas être une simple nostalgie, mais un engagement actif pour l'avenir. Cette volonté de passage de témoin s'est manifestée concrètement par la présence de très nombreux élèves de CM2 issus des écoles vençoises. Encadrés par leurs enseignants et accompagnés de jeunes porte-drapeaux, ces enfants ont incarné la relève de la vigilance citoyenne prônée par les anciens.
Le ton s'est fait plus grave lors de la lecture du Message des Déportés par Emmanuel Morel. Ce texte, rappelant l'enfer des camps, les chambres à gaz et les marches de la mort, a replongé l'assistance dans la réalité de la déshumanisation nazie. Cette évocation de l'horreur absolue visait à souligner que la libération de 1945 fut avant tout le triomphe de la dignité humaine sur la barbarie, un rappel nécessaire dans un contexte mondial actuel toujours fragile.
La cérémonie s'est poursuivie avec la lecture de textes fondateurs qui ont marqué le destin de la France, l'ordre du jour n°9 du général de Lattre de Tassigny, rendant hommage à la Première Armée française qui porta ses drapeaux jusqu'au cœur de l'Allemagne.
La commémoration du 8 mai 1945 dépasse le simple cadre de l’hommage militaire pour s'affirmer comme un symbole universel de résilience et d’espoir. Elle nous rappelle que la paix n’est jamais un acquis définitif, mais un équilibre fragile qui exige une vigilance constante et un engagement citoyen de chaque instant. En transmettant ce récit aux jeunes générations, nous ne faisons pas qu’honorer les sacrifices passés ; nous forgeons un rempart contre l’oubli, l'ignorance et l’intolérance. Cette date demeure ainsi une boussole morale essentielle, nous invitant à chérir la liberté et à défendre, avec une détermination renouvelée, les valeurs de dignité humaine qui ont triomphé de la barbarie il y a plus de quatre-vingts ans.
Après la cérémonie au cimetière, la matinée s’est terminée dans le jardin de la maison de retraite La Vençoise avec une animation musicale réalisée par le groupe folklorique La Brissaudo autour du verre de l’amitié,
[reportage André Marie et Marcel Orengo]
Ce vendredi 8 mai 2026, la commune de Tourrettes-sur-Loup a rendu hommage aux combattants et aux victimes de la Seconde Guerre mondiale à l’occasion du 81e anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945. Devant le monument aux morts, élus, anciens combattants, porte-drapeaux et habitants se sont réunis dans un moment de recueillement empreint d’émotion et de mémoire.
La cérémonie, marquée par le dépôt de gerbes, la lecture des messages officiels et la Marseillaise, a rappelé l’importance du devoir de mémoire dans un contexte international encore marqué par les tensions et les conflits.
Prenant la parole au nom de la municipalité, l’adjoint aux cérémonies Marc Moncho a souligné la nécessité de transmettre aux jeunes générations les valeurs de liberté, de paix et de fraternité héritées de celles et ceux qui ont combattu pour la France. Il a rappelé le courage des résistants, des soldats et de toutes les victimes de la guerre, insistant sur l’importance de ne jamais oublier les sacrifices consentis pour préserver la démocratie.
Le maire Frédéric Poma a ensuite rappelé que la commémoration du 8 mai dépasse le simple souvenir historique. Dans son discours, il a évoqué « un héritage de vigilance et de responsabilité », soulignant que la paix reste un combat quotidien. Le premier magistrat de la commune a également salué l’engagement des associations patriotiques, des porte-drapeaux et des citoyens qui participent chaque année à cette cérémonie républicaine.
Marc Moncho a également lu le message gouvernemental, signé par Catherine Vautrin et Alice Rufo, a rappelé que « la paix reste un combat quotidien » et que la mémoire de la Seconde Guerre mondiale doit continuer d’être transmise aux jeunes générations.
Dans une atmosphère solennelle, plusieurs habitants se sont recueillis devant les noms gravés sur le monument aux morts, tandis que les enfants présents ont participé aux chants et aux lectures, symbole de la transmission entre les générations.
Cette cérémonie du 8 mai 2026 à Tourrettes-sur-Loup s’est achevée par un moment de convivialité, prolongeant cet hommage collectif à celles et ceux qui ont permis le retour de la paix en Europe il y a 81 ans.
[reportage Marcel Orengo]
Voici le texte intégral du message officiel du 8 mai 2026, signé par Catherine Vautrin et Alice Rufo.
« Il y a 81 ans, dans la nuit du 6 au 7 mai, à Reims, était signée la capitulation sans condition de l'Allemagne.
Le 8 mai 1945, enfin, après des années d'épreuves, d'horreurs et de combats, l'Europe était libérée de l'emprise totalitaire et génocidaire nazie.
Libérée par tous les Alliés. Libérée avec le concours des armées de la France, “la seule France, [celle] qui se bat” et ne se rend pas.
Ne l'oublions jamais : avant d'être une défaite des armes, la défaite de 1940 fut d'abord une défaite de l'esprit.
Marc Bloch — historien, combattant de 14, volontaire à nouveau en 39, fusillé en juin 1944 — avait porté sur les responsables de la débâcle ce constat implacable : ils avaient “estimé très tôt naturel d'être battus”.
Cette victoire était celle du respect de la souveraineté de chaque peuple et de la dignité de chaque personne, contre ceux qui voulurent réduire notre continent à un empire de maîtres et d'esclaves.
Aujourd'hui, pour que plus jamais le pire ne redevienne possible, il nous revient de transmettre aux jeunes qui s'avancent dans la vie — alors que les derniers témoins nous quittent — le “patriotisme agissant” que le général Leclerc confiait aux hommes de la 2e DB en leur faisant ses adieux.
Transmettre cette force morale, la première arme d'un peuple qui sut, au bord de l'abîme, se redresser.
Un peuple, le nôtre, que “ni le malheur militaire, ni la faillite des institutions, ni le mensonge, ni la violence n'ont pu détourner de son éternelle vocation”. (Charles de Gaulle, discours devant l’Assemblée nationale, 15 mai 1945).
Vive l'Europe libre. Vive la République. Et vive la France ! »
Une célébration d’humanité, de courage et de joie partagée
Dans la grande salle chaleureusement décorée de l’ESAT « Les Oliviers du Taouro », l’association Handica Services 06 a célébré ses 20 ans lors d’un après‑midi vibrant d’émotion, de gratitude et d’énergie collective. Autour de Saïda Aouragh, fondatrice et présidente, et de Mathieu, vice‑président, adhérents, familles, bénévoles, élus et partenaires se sont réunis pour honorer deux décennies d’engagement au service des personnes en situation de handicap.
Affaiblie par des soucis de santé, Saïda a tenu à être présente, rappelant avec une sincérité bouleversante combien la vie est fragile et combien chaque instant partagé compte. Elle a remercié son équipe, les bénévoles et surtout Mathieu, devenu son porte‑parole et son soutien indéfectible depuis sa prise de fonction.
Son message, empreint de force et de douceur, a rappelé l’essence même d’Handica 06 : un lieu où l’on avance ensemble, où chacun trouve sa place, où l’on apprend à savourer la simplicité d’un sourire, d’un geste, d’une présence.
La maire de Vence, Anne Sattonnet, a salué l’action exemplaire de l’association, soulignant son rôle majeur dans la construction d’une véritable société inclusive. Elle a rappelé que l’objectif n’est pas de « faire une place » aux personnes en situation de handicap, mais de leur donner la place qui est naturellement la leur dans la vie de la cité.
Mathieu, vice‑président, a livré un discours profondément humain, retraçant son arrivée dans l’association en 2011 et la manière dont cette aventure a transformé sa vie. Il a évoqué les rencontres, les épreuves traversées ensemble, les moments de rires, les sorties, les souvenirs qui tissent ce qu’il appelle « une grande famille ». Son message a résonné comme un rappel essentiel : « Nos différences ne nous séparent pas, elles nous enrichissent. »
La fête a été sublimée par deux moments artistiques :
- Les Texas Girls, dont les chorégraphies dynamiques et parfaitement synchronisées ont apporté une énergie irrésistible à la célébration.
- Le Show Indra, qui a offert un spectacle puissant, coloré et généreux, mêlant danse, présence scénique et émotion.
Ces performances ont donné à l’événement une dimension festive et spectaculaire, à l’image de l’association : vivante, inclusive et tournée vers la joie partagée.
Un moment de recueillement a été dédié aux membres et bénévoles disparus, dont la présence continue de vivre dans l’histoire et les valeurs de l’association.
L’après‑midi s’est conclu par un clin d’œil chaleureux à Julien et Leslie, deux membres fêtant également leur anniversaire cette semaine.
Pour ses 20 ans, Handica 06 a offert bien plus qu’une fête : une démonstration éclatante de solidarité, de courage et d’humanité. Une association qui ne cesse de grandir, de rassembler et de montrer que, lorsqu’on avance ensemble, on peut accomplir des choses extraordinaires.
[reportage Marcel Orengo]

Hommage provençal
À Vence, Pâques prend chaque année une couleur particulière grâce à La Brissaudo, le groupe folklorique vençois qui fait vivre depuis des décennies l’âme et les traditions de Provence. Fidèle à sa vocation de transmission, la troupe rend hommage aux grandes figures provençales qui ont marqué l’histoire et la culture du Midi.
Ce rendez‑vous pascal est devenu un moment fort de la vie culturelle vençoise : un rappel que la Provence n’est pas seulement un décor, mais une mémoire vivante, faite de langue, de gestes et de chants.
Sur la place Frédéric‑Mistral, les groupes ont interprété La Coupo Santo, l’hymne provençal. Ce chant, composé par Frédéric Mistral en 1867, célèbre la fraternité entre félibres catalans et provençaux, née lorsqu’une coupe en argent fut offerte en remerciement de l’accueil réservé au poète catalan Victor Balaguer, alors exilé politique. Depuis, la « Coupo » est devenue un symbole majeur de l’identité provençale.
La fête s’est poursuivie en musique avec le groupe niçois Nice la Belle. Musiciens, danseuses et danseurs ont ensuite parcouru la ville jusqu’au belvédère Fernand‑Moutet, où La Brissaudo a interprété Li Restanco, chanson écrite par Fernand Moutet sur une musique de Robert Baldelli.
Un parcours en images qui rappelle combien ces traditions restent, aujourd’hui encore, profondément ancrées dans le cœur des Vençois.
[reportage Marcel Orengo]
La danse de la souche et le Couronnement de la Reine
Sous le soleil printanier de la cité des arts, les cloches de Pâques ont résonné une nouvelle fois pour célébrer une tradition profondément ancrée dans l’identité vençoise.
Comme chaque année, les festivités se sont ouvertes avec la symbolique Danse de la Souche, rite ancestral où l’on brûle un vieux cep de vigne pour saluer le renouveau de la nature et la fin de l’hiver. Au rythme des galoubets et des tambourins, ce moment de ferveur rend hommage à Saint Marc, patron des vignerons, et invoque la prospérité des terres provençales.
À l’issue de la danse, la souche encore chaude, chargée de sens et de mémoire, a été remise selon la coutume à une personnalité méritante de la cité. Cette année, cet honneur est revenu à Anne Sattonnet, nouvelle maire de Vence, symbole d’une transmission des responsabilités et du lien indéfectible entre la ville et son patrimoine.
Ce geste fort a ouvert la voie au couronnement de la nouvelle cour vençoise. Dans une atmosphère de liesse, Marie‑Valentine Clerico a été officiellement investie Reine de Vence, entourée de ses deux demoiselles d’honneur, Éléonore et Elsa. Ensemble, elles incarnent désormais le nouveau visage de la tradition, prêtes à porter haut l’âme et les valeurs de la Provence tout au long de l’année
[reportage Marcel Orengo]
Le Corso Fleuri a Enchanté la Cité des Arts
Vence, le 6 avril 2026. La cité vençoise a renoué ce lundi de Pâques avec sa tradition la plus colorée : le Corso Fleuri. Une édition 2026 marquée par une affluence record et une ferveur populaire qui n'a pas faibli d'un iota.
Dès le début de l’après-midi, tous les regards étaient tournés vers le char d'honneur. Marie-Valentine, élue Reine de Vence, a illuminé le défilé de sa prestance, entourée de ses deux demoiselles d’honneur, Eléonore et Elsa. Saluant une foule compacte massée le long des boulevards, le trio royal a parfaitement incarné l'élégance et la jeunesse de la cité.
À leurs côtés, Anne Sattonnet, Maire de Vence, n'a pas caché sa satisfaction devant le succès de l'événement. Elle a tenu à souligner l'engagement des forces vives de la commune qui font vivre cette tradition centenaire.
Ce qui fait l'âme du Corso de Vence, c'est avant tout l'implication de ses habitants. Cette année encore, les chars ont impressionné par leur créativité et leur finesse. Ces structures monumentales, recouvertes de milliers de fleurs fraîches, sont le fruit de mois de travail acharné de la part : des associations locales, toujours fidèles au poste et des familles vençoises, qui se transmettent le secret du piquage des fleurs de génération en génération.
Entre chaque char, des troupes de danseuses en costumes colorés et contemporains ont rythmé la déambulation, transformant les rues en une véritable scène de spectacle à ciel ouvert.
Il était difficile de se frayer un chemin sur la place du Grand Jardin. Des centaines de spectateurs — locaux comme touristes — se sont pressés pour admirer le passage du cortège, sous une pluie de confettis et dans une ambiance musicale survoltée.
« C’est une fierté de voir que notre Corso attire toujours autant de monde. C'est l'identité même de Vence qui défile aujourd'hui », confiait un spectateur, enfant du pays, entre deux passages de chars.
La fête s’est clôturée, comme le veut la tradition, par la grande bataille de fleurs, laissant derrière elle un parfum de printemps et le souvenir d’une journée de Pâques mémorable.
[reportage Marcel Orengo]
Une exposition collective qui anime la Place Godeau
Dans sa galerie nichée sur la Place Godeau, Paul Rousguisto accueille les visiteurs avec cette chaleur tranquille qui fait partie du paysage vençois. Pur enfant du pays, il a réuni autour de lui plusieurs artistes pour une exposition collective "Paul & Co" visible du 4 avril au 2 mai.
« Je voulais faire une animation sur la place Godeau, avec le soleil… et j’ai pas beaucoup de place », sourit-il. L’idée était simple : ouvrir ses murs, partager l’espace, créer un moment vivant au cœur du village.
Une exposition à plusieurs voix
À ses côtés, deux artistes venues de Villefranche‑sur‑Mer ont rejoint l’aventure.
« Il y a Catherine Bruvier, qui est céramiste et sculptrice, et puis Marie‑Christine Lemyre », explique Paul. « Elles m’ont demandé si elles pouvaient venir exposer avec moi… j’ai accepté, bien sûr. »
Mais la galerie ne s’arrête pas à ce trio. Sur les murs, on retrouve aussi des œuvres d'autres artistes et, notamment, "Maître Franta" comme dit Paul. Un tableau attire l'attention « C’est un palmier », décrit Paul. « Je ne sais pas pourquoi un palmier, mais ce que je peux dire, c’est qu’actuellement il est exposé au musée de Vence, dans une grosse exposition. »
La présence d’un artiste de renommée internationale donne à l’ensemble une dimension rare pour une galerie de village.
Et puis… Pierrot, chanteur - Impossible pour Paul de ne pas évoquer un autre nom familier aux Vençois.
« Ah oui, Pierrot… qui ne connaît pas Pierrot ? » lance-t-il avec un rire. « On est un peu gâtés, avec un peu de musique. »
Un clin d’œil à l’ami musicien, figure locale lui aussi.
Déjà des projets pour la suite - L’exposition actuelle n’est qu’un début. Paul pense déjà à la prochaine.
« Peut-être à l’été prochain », confie-t-il. « Avec une jeune fille qui a trois tableaux, et puis un sculpteur, Gilles...».
Un rendez-vous vençois
Avant de refermer la porte, Paul rappelle les dates :
« Du 4 avril au 2 mai, à la galerie Rousguisto, place Godeau. »
Puis il conclut avec sa gentillesse habituelle : « Merci pour Vence-Info-Mag »
Une exposition simple, sincère, collective — à l’image de Paul Rousguisto, qui continue de faire vivre l’art au cœur de sa ville.
[reportage André Marie]
Accueil de la délégation de Lahnstein à Vence
3 avril 2026 – Mairie de Vence
Ce vendredi 3 avril, la salle du Conseil municipal de Vence a pris des airs de retrouvailles familiales. On y sentait la joie simple de se revoir, celle qui accompagne chaque rencontre entre Vençois et Lahnsteinois depuis plus de cinquante ans.
Anny Double, présidente du comité de jumelage de Vence, ouvre la rencontre avec un sourire qui en dit long sur le plaisir d’accueillir les amis allemands. À ses côtés, Madame le Maire Anne Sattonnet, l’adjointe aux associations Caroline Boisseau et le docteur Marie Hignaire, venue prêter main‑forte pour la traduction.
La délégation allemande est chaleureusement saluée : Kristina Nedic, Rhein‑Lahn‑Nixe 2025‑2026 et ambassadrice du maire Lennart Siefert, venue avec sa sœur Ana ; le père Rainer Hermes ; et Andreas Sandermeier, vice‑président du comité de jumelage de Lahnstein.
Très vite, l’ambiance se détend. Anny Double rappelle que depuis 1969, le jumelage n’est pas qu’une affaire de signatures et de cérémonies. C’est une histoire d’amitié, de visites, de repas partagés, de souvenirs qui s’accumulent d’un côté comme de l’autre du Rhin. « Ce sont ces moments simples qui font la force de notre lien », dit‑elle en regardant la salle.
Elle évoque le voyage des Vençois à Lahnstein l’an dernier, encore très présent dans les mémoires, puis présente le programme concocté pour les invités : les fêtes de Pâques, tradition incontournable à Vence, mais aussi quelques escapades sur la Côte d’Azur — Monaco, le musée Picasso d’Antibes, Tourrettes‑sur‑Loup et son parfum de violette.
Dans un passage plus personnel, elle adresse un clin d’œil à ceux qui l’avaient accueillie en Allemagne : Hans‑Peter Antz, président du comité de jumelage de Lahnstein, son épouse Gisela, et l’artiste Rolf Kofler, déjà venu exposer à Vence.
Les remerciements vont aussi à la municipalité, au service culturel, aux équipes techniques, et surtout aux familles d’accueil, véritables piliers du jumelage. Un mot chaleureux est également adressé à Claudia Wolf, qui coordonne le comité de jumelage côté allemand.
La cérémonie se termine dans la bonne humeur, avec l’envie partagée de profiter pleinement de ces quelques jours ensemble. Un message simple, sincère, qui résume l’esprit du jumelage : « Vive Lahnstein, vive Vence ».
[reportage Marcel Orengo
et André Marie]
Une nouvelle page pour Vence
28 mars 2026, l'installation de la nouvelle équipe municipale de Vence s'est déroulée dans une atmosphère de ferveur populaire, marquant officiellement le début du mandat d'Anne Sattonnet.
Si la séance se jouait à l’intérieur de la salle, les Vençois n’en ont pas perdu une miette : massés sur la place Clemenceau, ils étaient nombreux à suivre l'événement grâce à deux écrans géants et une sono qui mettaient tout le monde dans l'ambiance.
Avant de laisser place à quelques traits d’humour bien sentis qui ont fait sourire l’assemblée, notre nouvelle maire a tenu à partager un moment d’intimité particulièrement émouvant en rendant hommage à ses « chers disparus » : son père, Pierre Costa, figure à la carrière impressionnante et plus jeune préfet de France de son temps, son frère Olivier, parti bien trop tôt, et le sénateur Pierre Laffitte, qui l'avait guidée dès ses premiers pas en politique.
C’est avec cette force familiale et ces racines bien ancrées qu’elle a décliné son programme pour une ville « plus propre, plus sûre et plus attractive », tout en rassurant les habitués sur le maintien des Nuits du Sud ainsi que certains projets jugés démesurés.
On a senti un vrai frisson, presque une déclaration, quand elle a lancé le fameux « Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous » de Barbara, avant d'inviter tout ce beau monde au pot de l'amitié. Au son des groupes folkloriques Lo Cepon et La Brissaudo, ce renouveau politique s’est fêté dans la joie et l'authenticité, prouvant que cette nouvelle équipe veut rester au plus près des gens de chez nous.
[reportage Marcel Orengo]
"T'es d'où Toi ?"
Jean Giovannetti présente son livre « T’es d’où toi ? » au Select Bar
Au Select Bar, chez Max, café central de Vence, Jean Giovannetti a consacré l’après-midi à la dédicace de son ouvrage T’es d’où toi ?, un livre dans lequel il retrace des épisodes marquants de son parcours personnel et de la vie vençoise des années 60.
Entre deux signatures, Jean revient sur son enfance au Cours Montaigne, où il a étudié avec son frère Damien. Cet établissement constituait alors un espace d'éducation et de sociabilité pour les jeunes internes et externes. Les deux frères y passaient l’essentiel de leur temps y compris au dortoir de la Villa Le Rêve.
Le Select Bar occupe aujourd’hui une place importante dans sa démarche de transmission. L’auteur y rencontre lecteurs et habitants, et y partage des souvenirs qui éclairent l’évolution de Vence sur plusieurs décennies.
Sa présence au café s’inscrit dans une volonté de maintenir un lien direct avec le public local, en ancrant son livre dans les lieux mêmes qui ont façonné son histoire.
[reportage Marcel Orengo]
Le 28 mars 2026

La modernité beaudelairienne
Vence en Poésie – Une soirée sous le signe de la modernité baudelairienne
27 mars à 19h – Salle des Meules, Vence
La soirée du 27 mars, organisée par Vence en Poésie, a offert au public un voyage vibrant au coeur
de la modernité littéraire, guidé par la voix d’Yves Ughes. Consacrée aux Tableaux parisiens et aux
Poèmes en prose de Baudelaire, elle a révélé combien l’oeuvre du poète demeure, aujourd’hui
encore, un miroir aigu de nos défis contemporains.
Baudelaire, poète de la rupture et de la modernité
Yves Ughes a d’abord rappelé le contexte historique : la condamnation du Figaro lors du procès des
Fleurs du mal, les six pièces censurées auxquelles Baudelaire répond en ajoutant trente-deux
nouveaux poèmes, et la création d’une section inédite, Les Tableaux parisiens, véritable
provocation littéraire.
Face à la poésie romantique encore dominante — celle de Lamartine ou de Victor Hugo, célébrant
la nature — Baudelaire impose un geste radical : la ville devient son territoire poétique.
Paris, ses pauvresses, ses débauchés, ses travailleurs brisés, ses rues en transformation, deviennent
les acteurs d’une nouvelle comédie humaine.

Paris, amante et tourmente
Baudelaire entretient avec Paris une relation passionnelle. Il ne la quitte presque jamais, y déménage trente-huit fois, bohémien urbain arpentant sans relâche ses rues.
« Cette vie est un hôpital où chacun veut changer de lit », écrit-il : la ville est à la fois refuge, labyrinthe et lieu d’interrogation existentielle.
Entre 1853 et 1870, Paris se métamorphose sous l’impulsion d’Haussmann. Baudelaire a trentedeux ans lorsque les travaux commencent. La capitale, alors deuxième ville du monde après Londres, est encore sans tout-à-l’égout, peuplée de cochons et de poules, traversée d’eaux usées.
Le percement des grands boulevards, la création des réseaux d’eau potable, l’éclairage au gaz, l’arrivée de dizaines de milliers d’ouvriers, les parcs Monceau, Montsouris ou Vincennes : tout concourt à faire de Paris un immense chantier.
Cette Babylone moderne, loin de l’effrayer, stimule son écriture. Baudelaire capte ce bouleversement et invente une forme nouvelle : le poème en prose, héritier de l’expérimentation médiévale d’Aloysius Bertrand.
Fantasmagorie, condition humaine et incommunicabilité
Dans sa préface, Baudelaire décrit son ouvrage comme « un livre à la fois avec tête et queue », que le lecteur peut ouvrir où il veut. Liberté nouvelle, lecture éclatée, modernité assumée.
Yves Ughes a montré comment ces poèmes révèlent :
- la comédie humaine,
- la condition humaine,
- la fantasmagorie d’un monde où beauté et misère se côtoient.
Le poème Un plaisant évoque ce « chaos de boue et de neige » où se mêlent Spleen et Idéal.
La ville devient un lieu qui « trouble le cerveau des plus forts ».
Un âne y incarne la fatuité nationale, concentré de l’esprit français.
Baudelaire explore aussi l’incommunicabilité, même entre ceux qui s’aiment. Le café devient symbole d’un monde où « tout l’or du pauvre monde » scintille, mais où chacun reste séparé.
« Comme c’est beau, une maison où ne peuvent entrer que les gens qui ne sont pas comme nous », écrit-il, soulignant l’ironie tragique de la solitude humaine.
Figures de la douleur : saltimbanques, fous, Vénus implacable
Aragon disait que chez Baudelaire, tout concourt à créer une fantasmagorie de la condition humaine.
Yves Ughes a donné chair à ces figures : pauvres, difformes, saltimbanques, fous, êtres blessés qui aspirent pourtant à la beauté.
Dans Le Fou et la Vénus, un bouffon affligé contemple la déesse de marbre, implacable, tournée vers le lointain.
Privé d’amour et d’amitié, il cherche malgré tout à comprendre l’immortelle beauté.
Le contraste entre mal et extase, entre orgie silencieuse et froide perfection, éclaire la tension fondamentale de l’œuvre.
L’Étranger et le désir d’ailleurs
La soirée s’est ouverte sur L’Étranger, premier poème des Petits poèmes en prose, et s’est refermée sur son écho inversé :
« N’importe où hors du monde », invitation à fuir vers le Portugal, la Hollande, Batavia, Bornéo ou les pôles.
Mais l’âme du poète ne répond pas : ne se plaît-elle que dans le mal ?
Cette quête d’ailleurs, toujours déçue, dit la profondeur du malaise moderne.
Une scène ouverte lumineuse
La deuxième partie de la soirée a offert un moment de partage rare : une scène ouverte riche, diverse, chaleureuse, où chacun a pu faire entendre sa voix.
La soirée s’est achevée sur un instant suspendu : L’Invitation au voyage, chantée par la voix de cristal d’Amy Blake, a enveloppé le public d’une douceur presque irréelle.
Une modernité toujours vivante
Grâce à Yves Ughes, Baudelaire est apparu non comme un monument figé, mais comme un compagnon de route, un penseur de la ville, de l’humain, de l’angoisse et du désir.
Sa modernité, telle que l’a révélée cette soirée, demeure au coeur de nos propres interrogations : comment bâtir un monde plus humain, plus sensible, plus lucide ?
À Vence, ce 27 mars, la poésie a rappelé qu’elle n’est pas un luxe, mais une nécessité.
Maria Blazquez
L’éclat du Festival La Lumière
Pour sa deuxième édition, le festival La Lumière propose une rencontre singulière entre le septième art et les arts plastiques. Durant quatre jours, la programmation déploie une sélection diversifiée de fictions, biopics et documentaires, complétée par des séances spécifiquement dédiées au jeune public.
Cette manifestation explore la création artistique sous toutes ses formes, de la peinture à la photographie, en passant par la sculpture, la musique et l’écriture.
Au-delà des projections cinématographiques, l’événement invite au partage et à la découverte à travers un cycle d'expositions, de conférences et d'ateliers animés par des artistes invités.
Le festival investit plusieurs lieux emblématiques de la commune, transformant le territoire en un véritable parcours culturel impliquant notamment la Galerie du Tilleul, la Galerie Bleue et la Galerie des Baous.
Cette nouvelle édition s'adresse à tous les publics, qu'ils soient curieux, passionnés ou désireux de s'interroger sur le geste créateur et la place de l'art dans le quotidien. Le calendrier de l'événement s'articule autour de moments forts, débutant par des vernissages d'expositions telles que « Lumière du monde » ou « Exposition La Lumière ».
La programmation thématique aborde des sujets variés, du japonisme à l'art nouveau, en passant par des portraits d'artistes et des hommages à des figures majeures de la photographie et de la musique. Des ateliers d'écriture de haïku et des conférences sur la calligraphie, organisés à la Micro-Folie, viennent enrichir cette proposition pluridisciplinaire, affirmant la volonté du Cinéma Casino de créer un dialogue permanent entre les images animées et les autres vecteurs d'expression artistique.
[reportage Marcel Orengo]
Femmes en mots, femmes en lutte

La Villa Alexandrine accueillait, ce vendredi 13 mars 2026, une soirée consacrée à celles qui ont osé écrire malgré les interdits. Dans la Salle de l’Europe, les voix de Cosette Travere et Claude Joyard faisaient revivre des femmes qui, à travers les siècles, ont affronté préjugés, enfermements ou violences pour préserver leur liberté intérieure.
Le parcours s’ouvrait avec Sappho, dont les fragments — « la splendeur du soleil, c’est l’amour » — continuent d’irriguer la poésie. Son héritage traverse les siècles, parfois déformé par Musset ou Pierre Louÿs. Puis surgissait Wallada Bint al-Mustakfi, poétesse andalouse libre et insolente, affirmant que l’amour défie toute logique. Hildegarde de Bingen, visionnaire du XIIᵉ siècle, mêlait musique, mystique et médecine dans une œuvre où l’intuition du féminin et du masculin se répond.
Christine de Pizan, en pleine guerre de Cent Ans, refusait de se remarier pour préserver son indépendance et affirmait dans La Cité des dames que « le bonheur tient dans la main ». Gabriela Mistral, première femme nobélisée, écrivait avec une simplicité poignante : « J’ai le bonheur fidèle et le bonheur perdu. »
La soirée prenait un ton plus grave avec Charlotte Delbo, résistante et déportée, qui écrivait pour restituer la mémoire des disparus : « Tout nous sera rendu avec la liberté. » D’autres voix, venues d’ailleurs, élargissaient encore le paysage : Fadwa Touqan, luttant contre la prison domestique ; Déwé Gorodey, militante kanak rappelant que le chemin est long pour les femmes ; Leonora Carrington, artiste surréaliste marquée par la violence politique mais fidèle aux « conversations inspirées par des affinités ».
Ana Blandiana, réduite au silence par la dictature roumaine, voyait dans la poésie un acte de survie. Yaryna Chornohuz, médecin sur le front ukrainien, en fait une arme de résistance, une langue du cœur. La soirée se refermait sur un poème inédit d’Andrée Chedid, comme une dernière respiration lumineuse.
Ainsi, à la Villa Alexandrine, ces voix rassemblées rappelaient que l’écriture n’est pas seulement un art : c’est un geste de liberté, parfois vital, toujours nécessaire.
[reportage Maria Blasquez]

Soirée Moustaki Vence en poésie, Printemps des Poètes 2026
Il y a des soirs où la poésie ne se contente pas d’être dite : elle respire, elle circule, elle relie.
La soirée dédiée à Georges Moustaki, dans le cadre du Printemps des Poètes dont le thème est cette année la Liberté, fut de ceux-là : un moment suspendu où les voix, les cordes et les cœurs ont battu à l’unisson.
Dans la petite salle comble — trop petite pour les plus de quatre-vingts personnes venues écouter, partager, se souvenir — Patrick Peyra et Renaud Vanin ont fait revivre les grandes chansons de ce Métèque céleste.
Ma liberté, Avec ma gueule de métèque, La terre est un jardin…
Autant de chants qui, aujourd’hui encore, éclairent nos chemins et nous rappellent que la liberté n’est pas un mot ancien, mais une force vive, une énergie déployée, une respiration essentielle trop brutalement piétinée.
Entre les reprises, les morceaux de guitare classique ouvraient des clairières de douceur, et les chansons inédites de Patrick venaient comme des confidences offertes au public : un univers tissé d'amour et de force : la poésie et la musique comme une révolution permanente que chantait déjà Moustaki.
La poésie et la musique comme maîtres d’œuvre de notre fragile humanité. La poésie et la musique comme une arme puissante de résistance face à tout ce qui nous menace.
Dans un monde où les sirènes de la guerre grondent à nouveau, cette soirée a rappelé
que la poésie demeure cette parole fondatrice celle qui affirme — par-delà les pouvoirs et les frontières — que nous ne sommes que des graines d’humanité portées par le vent, susceptibles de s'enraciner et de fleurir que dans des valeurs qui nous nourrissent : l’amour, la liberté, la solidarité, la joie partagée.
Deux présences politiques à l'heure des prochaines élections municipales à Vence, ont salué la qualité de cette rencontre et promis qu’une salle plus grande serait bientôt mise à disposition. La jauge de quarante places a été largement dépassée : la poésie attire, rassemble, console, élève.
La soirée s’est achevée autour d’un pot de l’amitié, où les conversations se sont prolongées, les rires ont circulé, et chacun est reparti avec un peu plus de lumière au fond des yeux.
Prochain rendez-vous — Vendredi 27 mars à 19h
Dans la continuité du Printemps des Poètes, nous aurons le plaisir d’accueillir Yves Ughes pour une traversée des Tableaux parisiens de Baudelaire :
« Les Boulevards Haussmann entre Spleen et Idéal ».
Une autre manière d’explorer la liberté — celle de la pensée, du regard, de la langue.
Maria Blasquez
Le parfum d’un village en fête
Chaque premier week‑end de mars, Tourrettes‑sur‑Loup se rassemble autour d’une fête qui lui ressemble : amicale, joyeuse, profondément villageoise. La Fête des Violettes, née en 1952 sous l’impulsion de l’artiste écossais Victor Linton, demeure un hommage vivant aux horticulteurs et à leur savoir‑faire, mais aussi un moment où l’on célèbre la saison de la violette dans une atmosphère chaleureuse et familière.
Le premier jour s’ouvre comme une déambulation douce dans le village décoré. Les ruelles sentent la fleur fraîche, les stands dévoilent les produits du terroir, les artisans partagent gestes et secrets, et les visiteurs découvrent les métiers liés à la culture de la violette. On goûte, on échange, on apprend : c’est un temps de rencontres, où la tradition se raconte au détour d’une place ou d’un atelier.
Le lendemain, la fête prend un tour plus effervescent. Le corso fleuri, devenu au fil des décennies une véritable institution, déploie ses chars entièrement recouverts de fleurs. Les vélos et attelages bricolés des premières éditions ont laissé place à des constructions imposantes, patiemment réalisées par les associations et les petites mains du village. Autour d’eux, la bataille de fleurs, les musiques, les costumes et les rires transforment les rues en un théâtre coloré où chacun participe, enfants comme anciens, habitants comme visiteurs.
Cette fête, plus qu’un événement, est un geste collectif. Elle rassemble producteurs, commerçants, bénévoles et familles dans un même élan, celui de faire vivre une tradition qui n’a jamais perdu son âme. À Tourrettes‑sur‑Loup, la violette n’est pas seulement une fleur : c’est un lien, un parfum de convivialité, une manière de célébrer ensemble la fin de l’hiver et la beauté d’un savoir‑faire transmis de génération en génération.
[reportage Marcel Orengo]
Le point d’orgue, comme toujours, fut le Corso fleuri. Un défilé somptueux, généreux, porté par près de 60 000 fleurs, avant la traditionnelle bataille de fleurs qui a transformé la place en un tourbillon coloré. Ce moment suspendu, où les pétales volent comme des confettis naturels, rappelle combien la fête est d’abord un geste de partage : un hommage à la terre, aux cultivateurs, aux bénévoles, et à tous ceux qui perpétuent l’esprit de Tourrettes.
L’édition a également été marquée par la présence et l’engagement de l’association Patrimoine Vivant du Pays de Grasse, à qui l’on doit le dossier ayant conduit, en 2018, à l’inscription des savoir‑faire liés au parfum au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité. Leur stand, très fréquenté, témoignait de la continuité entre traditions agricoles, création olfactive et identité culturelle.
La réussite de la fête doit beaucoup à l’implication collective. Le maire Frédéric Poma, les élus, l’administration municipale, les services techniques et les nombreux bénévoles ont orchestré une organisation fluide, chaleureuse et exemplaire. Cette mobilisation, visible à chaque coin de rue, a contribué à une affluence exceptionnelle : tout laisse penser que le record de l’an dernier — 14.000 visiteurs — a été dépassé, signe d’un attachement populaire qui ne faiblit pas.
Au-delà des chiffres, cette 74ᵉ édition a rappelé que la Fête des Violettes n’est pas seulement un événement festif : c’est un miroir de l’âme du village, un moment où patrimoine, convivialité et transmission se rejoignent. Une célébration qui, année après année, continue de fleurir dans les mémoires.
Et déjà, l’on se surprend à attendre la prochaine édition, avec l’impatience douce de ceux qui savent que certaines traditions ne cessent jamais de s’épanouir.
[reportage Marcel Orengo]
Une petite musique monte
La salle verte, agréable mais peu acoustique, s’anime dès 19h. Entre les éclats de rire et les vocalises un peu hésitantes, huit voix s’élèvent, se cherchent, s’accordent. Ici, pas de partition compliquée ni de pression scénique : juste le plaisir de chanter ensemble. Bienvenue dans l’univers de « Le Chant en Partage », une association aussi jeune que déterminée, où la musique se vit avant tout comme une aventure humaine.
Fabienne Méon, présidente et âme du groupe, a toujours eu la chanson chevillée au corps. « Depuis toute petite, je chantais partout, même sous la douche ! », confie-t-elle en souriant. Avec son mari Roger, trésorier et ancien « chanteur de baignoire » reconverti en baryton amateur, elle a décidé de concrétiser cette passion en juillet 2025. « On voulait créer un espace où chacun pourrait s’exprimer sans complexe », explique-t-il, non sans une pointe de fierté.
Le groupe s’est formé naturellement, au gré des rencontres et des hasards. Marie-Christine et Patrick, aux voix complémentaires, en sont les piliers. Margaux, 22 ans, a rejoint l’aventure après une soirée karaoké où son interprétation d’Édith Piaf a marqué les esprits. « Je ne m’attendais pas à me retrouver dans une troupe ! », avoue-t-elle, encore surprise. À ses côtés, Véronique, sa mamie (on a peine à le croire), prouve que la musique n’a pas d’âge. « Elle a plus d’énergie que moi ! », s’amuse Margaux.
L’ambiance est décontractée, presque familiale. « Ici, pas de jugements, pas de compétition. On chante pour le fun, et c’est tout », résume Fabienne. Les répétitions sont rythmées par des fous rires, des essais, des ratés… et parfois, des moments de grâce où les voix s’harmonisent comme par magie. « C’est ça, la magie du chant collectif », murmure Patrick, les yeux brillants.
Leur répertoire ? Un mélange éclectique de chansons françaises, de standards internationaux et même de créations originales. « On essaie de varier pour que chacun y trouve son compte », précise Roger. Après s’être produits lors de la Fête de la Musique et d’animations locales, ils préparent désormais leur premier spectacle, prévu le 26 avril 2026 à la salle des Meules. « On a un peu le trac, mais surtout une énorme envie de partager cette énergie avec le public », confie Marie-Christine.
Ce jour-là, les spectateurs découvriront une troupe attachante, où l’imperfection devient charme et où chaque note est portée par la joie de chanter ensemble. Le Chant en Partage, c’est avant tout une histoire de rencontres, de rires et de vibrations partagées », résume Fabienne.
Et si la musique adoucissait vraiment les mœurs ? À Vence, ces huit passionnés en sont la preuve vivante. Alors, pourquoi ne pas les rejoindre pour une note de bonheur ?
[reportage Marcel Orengo]
Violette, au cœur des sens
Du 20 février au 16 avril 2026, au cœur de la « Cité des Violettes », une exposition inédite invite les visiteurs à redécouvrir l’emblème du village à travers une expérience multisensorielle unique. Intitulée « VIOLETTE. Une fleur, 5 sens », cette déambulation poétique dépasse le cadre de la simple botanique pour toucher à l’âme de Tourrettes-sur-Loup.
Dès l’entrée, le ton est donné par Olivia Gustinelli, commissaire de l’exposition : ici, la violette n'est pas seulement une fleur hivernale, c’est un « emblème vivant ». Si chaque année la célèbre fête du village lui rend hommage, cette exposition propose d’aller plus loin en offrant un « nouveau regard » sur cette petite fleur mauve qui fait la fierté des Tourrettans et des habitants du pays vençois.
Un parcours pour les cinq sens
-
La force de cette exposition réside dans son approche immersive. Le visiteur n’est pas un simple spectateur, il est acteur de sa découverte. Le parcours a été conçu comme une véritable « immersion sensible » où chaque sens est sollicité :
-
° L’ouïe et l’odorat : Dans les différentes salles, des ambiances sonores et des effluves délicats accompagnent la visite, recréant l’atmosphère des champs et des ateliers.
-
° Le toucher : Des dispositifs tactiles et des jeux de matières permettent un contact direct avec l’univers de la fleur, rendant l’expérience concrète et accessible à tous les publics.
-
° La vue : Une mise en scène soignée souligne la richesse esthétique de la plante.
-
° Le goût : L’exposition n’oublie pas la dimension gustative, rappelant que la violette est un pilier du patrimoine culinaire et artisanal local.
Entre tradition et modernité
Plus qu’une simple présentation historique, « VIOLETTE. Une fleur, 5 sens » se veut un « dialogue entre passé et présent ». L’exposition rend un vibrant hommage à ceux qui, hier comme aujourd’hui, cultivent, transforment et célèbrent cette fleur fragile.
C’est une invitation à ralentir, à prendre le temps de la contemplation et à s’imprégner de la richesse symbolique d’un patrimoine qui traverse les générations. Pour les organisateurs, l’objectif est clair : sensibiliser un large public à travers un parcours pédagogique qui mêle habilement tradition et regard contemporain.
Une étape incontournable pour quiconque souhaite comprendre l'identité profonde de Tourrettes-sur-Loup et se laisser surprendre par une fleur que l'on pensait, à tort, trop bien connaître.
[reportage Marcel Orengo]
Spitler, en toute simplicité
Michel Joyard remet la parole au centre
La galerie La Pointe Badine accueillait ce 6 février un public curieux pour le vernissage de “TALKS”, la nouvelle exposition de l’artiste Michel Joyard. Dans l’atmosphère chaleureuse du lieu, les visiteurs ont découvert une série de toiles rarement montrées, réunies pour la première fois autour d’un thème central : la parole.
Face à ses œuvres, Michel Joyard résume l’intention avec une franchise qui lui ressemble : « On a essayé de regrouper quelques tableaux sur le thème de la parole. On voit des personnages qui parlent entre eux, qui qui se répondent. Et il y a aussi une histoire de temps, ce sont des tableaux anciens. Ils ont une trentaine d’années. C’est exactement ça. »
Ces peintures, créées il y a près de trente ans, semblent pourtant étonnamment actuelles. Les silhouettes dialoguent, se frôlent, s’interpellent. La parole circule, hésite, se transforme. Joyard capte ce moment fragile où l’échange devient matière, où le langage se fait geste, rythme, vibration.
L’accrochage, pensé avec sobriété, laisse respirer chaque scène. Le visiteur se retrouve témoin d’une conversation interrompue, d’un murmure suspendu, d’un secret partagé. Le temps, lui aussi, s’invite dans le parcours : ces œuvres anciennes résonnent aujourd’hui avec une force nouvelle, comme si elles anticipaient notre époque saturée de mots et de messages.
Avec “TALK”, Michel Joyard ne montre pas seulement des tableaux : il propose une expérience sensible, presque intime, où l’on regarde la parole autant qu’on l’écoute.
Un moment fort pour la galerie La Pointe Badine, et une belle redécouverte d’un artiste qui sait, depuis longtemps, faire parler ses images.
[reportage Marcel Orengo]
Un vernissage dense et émouvant pour Franta
Samedi 24 janvier 2026, 11h, le Musée de Vence a lancé ce week‑end son exposition majeure de début d’année, Franta, la condition humaine, en présence d’un public particulièrement nombreux. Habitants, élus, personnalités culturelles et amateurs d’art se sont pressés dès l’ouverture pour découvrir l’œuvre de l’artiste d’origine tchèque, installé à Vence depuis 1958.
Au milieu de cette affluence, Franta lui‑même, accompagné de sa fidèle épouse Jacqueline, était présent. Leur émotion, discrète mais palpable, a traversé la foule : un mélange de gratitude, de fierté et de profonde intensité, comme si chaque regard posé sur les œuvres réactivait une part de leur propre histoire.
Au cœur de cette exposition, un fil rouge : l’humain. Le musée rappelle que la trajectoire de Franta — exil, résistance, résilience — irrigue toute sa création. Son œuvre, figurative et expressive, se déploie comme un récit des combats d’un homme contre les formes de pouvoir et d’oppression qui traversent le monde contemporain. L’artiste y affirme une conviction constante : la condition humaine repose autant sur la défense de la liberté individuelle que sur la conscience du collectif.
Dans les salles, les visiteurs découvrent des peintures, dessins et sculptures où dominent silhouettes sombres, corps fragmentés, formes rageuses. Une esthétique volontairement tendue, marquée par les secousses de l’histoire. Mais loin du désespoir, les figures debout ou en mouvement témoignent d’une vitalité persistante, presque combative. Cette tension, signature de Franta, devient la métaphore d’un espoir possible, d’une humanité qui refuse de céder.
Reconnu dès les années 1960 comme l’une des voix d’un « nouvel humanisme », Franta continue de toucher par la force de son engagement. Son œuvre, rappelle le musée, se dresse comme un rempart contre la déshumanisation d’un monde dominé par l’autocratisme, la technologie et l’individualisme.
Le vernissage a également été l’occasion d’inaugurer l’Espace Franta, un nouvel espace permanent dédié à l’artiste au troisième étage du musée, rendu possible par une importante donation d’œuvres. L’artiste et Jacqueline, visiblement émus lors de la découverte de cet espace qui leur est désormais consacré, ont longuement échangé avec les visiteurs. L’exposition temporaire, quant à elle, se tiendra jusqu’au 24 mai 2026, offrant au public plusieurs mois pour découvrir ou redécouvrir une œuvre qui n’a jamais cessé de dialoguer avec notre époque.
[reportage France-Hélène]
Le 11 juin 2015, Franta nous avait reçus, Yves Hugues et moi, dans sa propriété de Vence. Il nous avait accordé une longue interview consacrée à son parcours, évoquant avec générosité les étapes marquantes de sa vie, dont un moment décisif : sa rencontre avec Jacqueline, celle qui deviendra son épouse.
[Marcel Orengo]
Une cérémonie des vœux tournée vers le bilan et la cohésion
La salle Paul Ceuzin a accueilli, vendredi 23 janvier 2026, la cérémonie des vœux du maire de Tourrettes‑sur‑Loup, Frédéric Poma. Devant un public nombreux, l’édile a présenté les principales actions menées en 2025, dans un format volontairement factuel en raison de la période pré‑électorale.
Le maire a ouvert la soirée en remerciant les agents communaux, les services municipaux, les associations et les acteurs économiques du village. Trois personnalités institutionnelles étaient présentes : Vanessa Lellouche, conseillère départementale, Alexandra Borchio Fontimp, sénatrice des Alpes‑Maritimes, et Éric Pauget, député de la circonscription.
Le bilan de l’année écoulée a mis en avant plusieurs temps forts : la fête des Violettes, qui a atteint un record de fréquentation, les marchés de Noël, les Estivales, ainsi que de nombreuses expositions et animations culturelles. L’obtention du label Pays d’art et d’histoire a constitué l’un des faits marquants pour la valorisation du patrimoine local.
Sur le plan des infrastructures, le maire a rappelé l’inauguration des nouveaux locaux de la police municipale, la rénovation des courts de tennis, l’ouverture des jardins de la Bastide et l’achèvement des travaux de l’église Saint‑Grégoire. Les avancées du PLU, les actions environnementales et l’installation de nouveaux agriculteurs au domaine du Caire ont également été évoquées.
La dimension sociale a occupé une place importante, avec l’accueil de réfugiés ukrainiens, les actions du CCAS, le lancement des comités de quartier et les travaux du Conseil des sages autour de la filière violette.
Frédéric Poma a conclu en adressant ses vœux de santé et de réussite pour 2026, avant de partager la traditionnelle galette des rois avec les participants.
[reportage André Marie et Marcel Orengo]
Musiques Sacrées en l’église Saint-Grégoire
Une soirée de Musiques Sacrées
Le 18 janvier 2026, l’église Saint-Grégoire de Tourrettes-sur-Loup, récemment restaurée, est devenue le théâtre d'une parenthèse hors du temps. Sous la direction habitée de Jacques Maes, et soutenu par le jeu nuancé de la pianiste Yuko Fujie, le Chœur de Tourrettes-sur-Loup a présenté son programme « Musiques Sacrées d’hier et d’aujourd’hui », un voyage sensible à la croisée des époques.
En ouverture, le Père Daniel Bréhier a rappelé la double vocation de cette église : une « maison commune » dédiée à la prière, mais aussi un haut lieu de culture. En citant Jean-Paul II, il a souligné que la culture est l’essence même d'une vie véritablement humaine. S'appuyant ensuite sur la pensée de Saint Augustin, il a dépeint l'harmonie musicale comme le reflet de la beauté de la création, unissant ainsi patrimoine, foi et expression artistique dans un même souffle.
Prenant la suite, Dominique Honnorat, présidente du Chœur de Tourrettes-sur-Loup, a exprimé l'immense honneur pour l'ensemble d'être les premiers à se produire dans cet écrin rénové. Après avoir remercié le Père Daniel pour son accueil et la municipalité pour sa sollicitation, elle a partagé la joie du chœur et de ses chefs de retrouver le public. Avant de laisser « place à la musique », elle a conclu son allocution en adressant ses vœux de belle année 2026 aux spectateurs.
Le concert a débuté sous le signe de la sérénité avec les œuvres contemporaines d’Elaine Hagenberg. Awake, my soul et Deep peace ont enveloppé l’assemblée d’une lumière méditative, portées par une finesse vocale remarquable. Le chœur a ensuite exploré les sommets du répertoire classique : la grâce du Laudate Dominum de Mozart, la majesté du Zadok the Priest de Haendel et la poésie intemporelle du Cantique de Jean Racine de Fauré.
Un intermède pianistique, intitulé Prières de Lumière, a permis à Yuko Fujie de déployer une palette sonore introspective, prolongeant avec délicatesse cette quête de spiritualité. La seconde partie a renoué avec l'émotion pure, mêlant l'intimité d'Elaine Hagenberg au célèbre Panis Angelicus de César Franck, avant que le Te Deum n°2 de Joseph Haydn ne vienne clore la soirée dans une jubilation collective, saluée par une ovation debout.
Plus qu’un simple événement musical, ce concert a prouvé que dans l’écrin acoustique de l’église Saint-Grégoire, l’art sacré demeure un langage universel, vibrant et profondément humain.
[reportage Marcel Orengo]
Une cérémonie des vœux 2026 sous le signe de l’unité et de la transmission
Ce samedi 17 janvier, le gymnase Dandréis n'était pas seulement le théâtre d'un protocole officiel, mais le point de ralliement d'une communauté soudée. Entre performances musicales du Conservatoire et mise à l'honneur de talents locaux, la municipalité a célébré l'esprit de sa « Ville-cocon » dans une ambiance aussi solennelle que chaleureuse.
L'accueil s'est fait en musique avec les airs du groupe Lo Cepon, qui a immédiatement installé une proximité avec les participants dès leur arrivée. Pour lancer officiellement la réunion, l’ensemble de flûtistes « Les Piccolo » du Conservatoire de Musique a pris le relais, apportant une touche de fraîcheur et de dynamisme à l'ouverture du discours.
Une assemblée de visages familiers et officiels
L’événement a également été marqué par la présence de nombreuses personnalités de la région, venues témoigner de leur attachement à la cité vençoise. Parmi elles, l'élégance et la tradition étaient incarnées par Marie-Florentine Clerico, Reine de Vence 2025, dont la présence symbolisait la continuité des coutumes et le rayonnement de la jeunesse locale.
En raison de la période de réserve électorale, le Maire, Régis Lebigre, a fait l'impasse sur le traditionnel catalogue de bilans et de projets. Il a préféré centrer son message sur la force du modèle vençois : une ville autonome, riche de ses commerces et de ses services, où le lien entre les générations reste une réalité concrète. « C’est cette unité Vençoise qui nous relie et nous permet de résister à l'anxiété de ces temps incertains », a-t-il martelé, définissant Vence comme une ville qui unit et protège, de la petite enfance au grand âge.
La séquence des médaillés 2026 de la Ville a permis de mettre en lumière la diversité de l'excellence locale :
Elsa Lelaumier, pour son rôle de Présidente du jury du Goncourt des Lycéens 2025.
Gabriel Bain, champion de France Caterham 420 R et pilote prodige.
Maryse Baillon, récompensée pour son engagement indissociable des fêtes traditionnelles.
Pour conclure cette matinée, le symbole a rejoint la tradition. La classe de galoubet et tambourin du Conservatoire de Musique de Vence, sous la baguette de Barthélémy Clerico, a interprété une Marseillaise remarquée. Les instruments provençaux ont donné un relief particulier à l'hymne national, clôturant l'événement sur une note de fierté partagée avant le moment de convivialité final.
[reportage Marcel Orengo]
Échos Visuels
Exposition du photo-club IBM Côte d’Azur au centre culturel La Coupole.
Fidèle à la tradition Le Photo-club IBM Côte d’Azur a décoré les murs du centre culturel au travers d’une superbe exposition sur le thème Échos Visuels. Un remarquable jeu de couleurs et de créativité se déploie au travers des œuvres des membres du club, mettant en valeur une maîtrise aboutie de la technique de composition en diptyque. Présent lors de l’évènement, Bruno Lamy, adjoint à la culture représentant le Maire Bruno Bettati, a souligné et salué la qualité du travail présenté lors de cette exposition.
Pour le plaisir des yeux n’hésitez pas à venir découvrir cette exposition jusqu’au 27 Janvier prochain. Centre culturel LA COUPOLE 7382-7446 Rte de Cagnes 06610 La Gaude
Maurice ZANELLA
.jpg)
Inauguration et bénédiction de l'église :
une journée historique pour le patrimoine tourrettan
Le soleil d'hiver baigne la cité des violettes d'une lumière cristalline ce matin du 11 janvier 2026. Sur la place du Scouredon, l'effervescence est à son comble. Face au panorama grandiose des Baous, les habitants de Tourrettes-sur-Loup se sont massés pour assister à un moment historique : la réouverture officielle de leur église paroissiale. Devant l'assistance, les personnalités se succèdent au micro pour célébrer ce renouveau patrimonial, mêlant autorités de la République et dignitaires de l'Église dans une solennité partagée.
C’est Madame Dominique Estrosi-Sassone, Sénatrice des Alpes-Maritimes, qui porte la voix de la Nation en ouvrant ces hommages, soulignant l'importance de nos racines communes. À ses côtés, Monseigneur Jean-Philippe Nault, Évêque du Diocèse de Nice, exprime la joie de la communauté catholique de retrouver son sanctuaire.
En sa qualité d'hôte et de premier magistrat, Monsieur Frédéric Poma, Maire de Tourrettes-sur-Loup, prend ensuite la parole pour retracer le chemin parcouru par sa commune. Il rend un vibrant hommage au talent des artisans et des Compagnons qui ont œuvré à cette restauration, tout en saluant l'engagement des partenaires publics. Il est soutenu dans cette démarche par Madame Vanessa Lellouche, Conseillère départementale, dont l'intervention rappelle l'attachement du Département au financement de tels chantiers d'exception, indispensables à l'identité locale.
Le monde ecclésiastique, gardien de l'âme du lieu, est également à l'honneur avec la présence du Chanoine Daniel Bréhier, Curé de la paroisse, entouré du Père Alexis Barraza Diaz, Vicaire, du Père Slawomir Szczepaniak, Prêtre résident, et de Monsieur Jean-Marie Leyssene, Diacre.
Une fois les discours achevés, la foule franchit enfin le grand portail de bois pour découvrir la nef restaurée, où l'émotion se fait plus recueillie. Le point d'orgue de cette matinée est alors la célébration de la messe solennelle, présidée par Monseigneur Jean-Philippe Nault.
Sous les voûtes qui résonnent à nouveau de chants sacrés, l'Évêque, entouré du clergé local, conduit cette liturgie d'action de grâce. Ce moment de communion spirituelle vient parfaire la dimension civile de l'événement, redonnant à l'église de Tourrettes-sur-Loup sa pleine vocation : celle d'un monument de pierres vivantes rendu à la foi et à la mémoire des habitants.
[reportage André Marie et Marcel Orengo]
Lo Cepon célèbre son 18e Baleti
VENCE — En ce tout début d’année 2026, la salle paroissiale de Vence a retrouvé des airs de fête d’antan.
Samedi 3 janvier, l’association Lo Cepon a rassemblé habitants, danseurs passionnés et curieux pour son traditionnel Baleti d’hiver, un rendez‑vous désormais incontournable pour les amoureux des musiques et danses provençales.
Dès la tombée de la nuit, les premiers accords de galoubet‑tambourin ont résonné dans la salle, donnant le ton d’une soirée placée sous le signe de la convivialité. Autour des musiciens, les couples se sont rapidement formés pour enchaîner farandoles, rigodons, quadrilles et autres danses collectives qui font la richesse du patrimoine local.
« Ce bal, c’est notre manière d’ouvrir l’année en rassemblant les Vençois autour de ce qui nous unit : la langue, la musique et la joie de danser ensemble », a confié un membre de Lo Cepon, visiblement ravi de voir la salle comble malgré la fraîcheur hivernale.
Entre deux sets, les participants ont pu profiter d’un buffet partagé, fidèle à l’esprit associatif, favorisant les échanges et les retrouvailles. Plusieurs familles venues avec enfants ont souligné la dimension intergénérationnelle de l’événement, où les plus jeunes apprennent les pas en observant les anciens.
Avec ce Baletti 2026, Lo Cepon confirme une fois encore son rôle essentiel dans la transmission des traditions provençales à Vence. Une manière chaleureuse de commencer l’année, les pieds sur le parquet et le cœur au pays.
[reportage France-Hélène}





































