
Hommage provençal
À Vence, Pâques prend chaque année une couleur particulière grâce à La Brissaudo, le groupe folklorique vençois qui fait vivre depuis des décennies l’âme et les traditions de Provence. Fidèle à sa vocation de transmission, la troupe rend hommage aux grandes figures provençales qui ont marqué l’histoire et la culture du Midi.
Ce rendez‑vous pascal est devenu un moment fort de la vie culturelle vençoise : un rappel que la Provence n’est pas seulement un décor, mais une mémoire vivante, faite de langue, de gestes et de chants.
Sur la place Frédéric‑Mistral, les groupes ont interprété La Coupo Santo, l’hymne provençal. Ce chant, composé par Frédéric Mistral en 1867, célèbre la fraternité entre félibres catalans et provençaux, née lorsqu’une coupe en argent fut offerte en remerciement de l’accueil réservé au poète catalan Victor Balaguer, alors exilé politique. Depuis, la « Coupo » est devenue un symbole majeur de l’identité provençale.
La fête s’est poursuivie en musique avec le groupe niçois Nice la Belle. Musiciens, danseuses et danseurs ont ensuite parcouru la ville jusqu’au belvédère Fernand‑Moutet, où La Brissaudo a interprété Li Restanco, chanson écrite par Fernand Moutet sur une musique de Robert Baldelli.
Un parcours en images qui rappelle combien ces traditions restent, aujourd’hui encore, profondément ancrées dans le cœur des Vençois.
[reportage Marcel Orengo]
La danse de la souche et le Couronnement de la Reine
Sous le soleil printanier de la cité des arts, les cloches de Pâques ont résonné une nouvelle fois pour célébrer une tradition profondément ancrée dans l’identité vençoise.
Comme chaque année, les festivités se sont ouvertes avec la symbolique Danse de la Souche, rite ancestral où l’on brûle un vieux cep de vigne pour saluer le renouveau de la nature et la fin de l’hiver. Au rythme des galoubets et des tambourins, ce moment de ferveur rend hommage à Saint Marc, patron des vignerons, et invoque la prospérité des terres provençales.
À l’issue de la danse, la souche encore chaude, chargée de sens et de mémoire, a été remise selon la coutume à une personnalité méritante de la cité. Cette année, cet honneur est revenu à Anne Sattonnet, nouvelle maire de Vence, symbole d’une transmission des responsabilités et du lien indéfectible entre la ville et son patrimoine.
Ce geste fort a ouvert la voie au couronnement de la nouvelle cour vençoise. Dans une atmosphère de liesse, Marie‑Valentine Clerico a été officiellement investie Reine de Vence, entourée de ses deux demoiselles d’honneur, Éléonore et Elsa. Ensemble, elles incarnent désormais le nouveau visage de la tradition, prêtes à porter haut l’âme et les valeurs de la Provence tout au long de l’année
[reportage Marcel Orengo]
Le Corso Fleuri a Enchanté la Cité des Arts
Vence, le 6 avril 2026. La cité vençoise a renoué ce lundi de Pâques avec sa tradition la plus colorée : le Corso Fleuri. Une édition 2026 marquée par une affluence record et une ferveur populaire qui n'a pas faibli d'un iota.
Dès le début de l’après-midi, tous les regards étaient tournés vers le char d'honneur. Marie-Valentine, élue Reine de Vence, a illuminé le défilé de sa prestance, entourée de ses deux demoiselles d’honneur, Eléonore et Elsa. Saluant une foule compacte massée le long des boulevards, le trio royal a parfaitement incarné l'élégance et la jeunesse de la cité.
À leurs côtés, Anne Sattonnet, Maire de Vence, n'a pas caché sa satisfaction devant le succès de l'événement. Elle a tenu à souligner l'engagement des forces vives de la commune qui font vivre cette tradition centenaire.
Ce qui fait l'âme du Corso de Vence, c'est avant tout l'implication de ses habitants. Cette année encore, les chars ont impressionné par leur créativité et leur finesse. Ces structures monumentales, recouvertes de milliers de fleurs fraîches, sont le fruit de mois de travail acharné de la part : des associations locales, toujours fidèles au poste et des familles vençoises, qui se transmettent le secret du piquage des fleurs de génération en génération.
Entre chaque char, des troupes de danseuses en costumes colorés et contemporains ont rythmé la déambulation, transformant les rues en une véritable scène de spectacle à ciel ouvert.
Il était difficile de se frayer un chemin sur la place du Grand Jardin. Des centaines de spectateurs — locaux comme touristes — se sont pressés pour admirer le passage du cortège, sous une pluie de confettis et dans une ambiance musicale survoltée.
« C’est une fierté de voir que notre Corso attire toujours autant de monde. C'est l'identité même de Vence qui défile aujourd'hui », confiait un spectateur, enfant du pays, entre deux passages de chars.
La fête s’est clôturée, comme le veut la tradition, par la grande bataille de fleurs, laissant derrière elle un parfum de printemps et le souvenir d’une journée de Pâques mémorable.
[reportage Marcel Orengo]
Une exposition collective qui anime la Place Godeau
Dans sa galerie nichée sur la Place Godeau, Paul Rousguisto accueille les visiteurs avec cette chaleur tranquille qui fait partie du paysage vençois. Pur enfant du pays, il a réuni autour de lui plusieurs artistes pour une exposition collective "Paul & Co" visible du 4 avril au 2 mai.
« Je voulais faire une animation sur la place Godeau, avec le soleil… et j’ai pas beaucoup de place », sourit-il. L’idée était simple : ouvrir ses murs, partager l’espace, créer un moment vivant au cœur du village.
Une exposition à plusieurs voix
À ses côtés, deux artistes venues de Villefranche‑sur‑Mer ont rejoint l’aventure.
« Il y a Catherine Bruvier, qui est céramiste et sculptrice, et puis Marie‑Christine Lemyre », explique Paul. « Elles m’ont demandé si elles pouvaient venir exposer avec moi… j’ai accepté, bien sûr. »
Mais la galerie ne s’arrête pas à ce trio. Sur les murs, on retrouve aussi des œuvres d'autres artistes et, notamment, "Maître Franta" comme dit Paul. Un tableau attire l'attention « C’est un palmier », décrit Paul. « Je ne sais pas pourquoi un palmier, mais ce que je peux dire, c’est qu’actuellement il est exposé au musée de Vence, dans une grosse exposition. »
La présence d’un artiste de renommée internationale donne à l’ensemble une dimension rare pour une galerie de village.
Et puis… Pierrot, chanteur - Impossible pour Paul de ne pas évoquer un autre nom familier aux Vençois.
« Ah oui, Pierrot… qui ne connaît pas Pierrot ? » lance-t-il avec un rire. « On est un peu gâtés, avec un peu de musique. »
Un clin d’œil à l’ami musicien, figure locale lui aussi.
Déjà des projets pour la suite - L’exposition actuelle n’est qu’un début. Paul pense déjà à la prochaine.
« Peut-être à l’été prochain », confie-t-il. « Avec une jeune fille qui a trois tableaux, et puis un sculpteur, Gilles...».
Un rendez-vous vençois
Avant de refermer la porte, Paul rappelle les dates :
« Du 4 avril au 2 mai, à la galerie Rousguisto, place Godeau. »
Puis il conclut avec sa gentillesse habituelle : « Merci pour Vence-Info-Mag »
Une exposition simple, sincère, collective — à l’image de Paul Rousguisto, qui continue de faire vivre l’art au cœur de sa ville.
[reportage André Marie]
Accueil de la délégation de Lahnstein à Vence
3 avril 2026 – Mairie de Vence
Ce vendredi 3 avril, la salle du Conseil municipal de Vence a pris des airs de retrouvailles familiales. On y sentait la joie simple de se revoir, celle qui accompagne chaque rencontre entre Vençois et Lahnsteinois depuis plus de cinquante ans.
Anny Double, présidente du comité de jumelage de Vence, ouvre la rencontre avec un sourire qui en dit long sur le plaisir d’accueillir les amis allemands. À ses côtés, Madame le Maire Anne Sattonnet, l’adjointe aux associations Caroline Boisseau et le docteur Marie Hignaire, venue prêter main‑forte pour la traduction.
La délégation allemande est chaleureusement saluée : Kristina Nedic, Rhein‑Lahn‑Nixe 2025‑2026 et ambassadrice du maire Lennart Siefert, venue avec sa sœur Ana ; le père Rainer Hermes ; et Andreas Sandermeier, vice‑président du comité de jumelage de Lahnstein.
Très vite, l’ambiance se détend. Anny Double rappelle que depuis 1969, le jumelage n’est pas qu’une affaire de signatures et de cérémonies. C’est une histoire d’amitié, de visites, de repas partagés, de souvenirs qui s’accumulent d’un côté comme de l’autre du Rhin. « Ce sont ces moments simples qui font la force de notre lien », dit‑elle en regardant la salle.
Elle évoque le voyage des Vençois à Lahnstein l’an dernier, encore très présent dans les mémoires, puis présente le programme concocté pour les invités : les fêtes de Pâques, tradition incontournable à Vence, mais aussi quelques escapades sur la Côte d’Azur — Monaco, le musée Picasso d’Antibes, Tourrettes‑sur‑Loup et son parfum de violette.
Dans un passage plus personnel, elle adresse un clin d’œil à ceux qui l’avaient accueillie en Allemagne : Hans‑Peter Antz, président du comité de jumelage de Lahnstein, son épouse Gisela, et l’artiste Rolf Kofler, déjà venu exposer à Vence.
Les remerciements vont aussi à la municipalité, au service culturel, aux équipes techniques, et surtout aux familles d’accueil, véritables piliers du jumelage. Un mot chaleureux est également adressé à Claudia Wolf, qui coordonne le comité de jumelage côté allemand.
La cérémonie se termine dans la bonne humeur, avec l’envie partagée de profiter pleinement de ces quelques jours ensemble. Un message simple, sincère, qui résume l’esprit du jumelage : « Vive Lahnstein, vive Vence ».
[reportage Marcel Orengo
et André Marie]
Une nouvelle page pour Vence
28 mars 2026, l'installation de la nouvelle équipe municipale de Vence s'est déroulée dans une atmosphère de ferveur populaire, marquant officiellement le début du mandat d'Anne Sattonnet.
Si la séance se jouait à l’intérieur de la salle, les Vençois n’en ont pas perdu une miette : massés sur la place Clemenceau, ils étaient nombreux à suivre l'événement grâce à deux écrans géants et une sono qui mettaient tout le monde dans l'ambiance.
Avant de laisser place à quelques traits d’humour bien sentis qui ont fait sourire l’assemblée, notre nouvelle maire a tenu à partager un moment d’intimité particulièrement émouvant en rendant hommage à ses « chers disparus » : son père, Pierre Costa, figure à la carrière impressionnante et plus jeune préfet de France de son temps, son frère Olivier, parti bien trop tôt, et le sénateur Pierre Laffitte, qui l'avait guidée dès ses premiers pas en politique.
C’est avec cette force familiale et ces racines bien ancrées qu’elle a décliné son programme pour une ville « plus propre, plus sûre et plus attractive », tout en rassurant les habitués sur le maintien des Nuits du Sud ainsi que certains projets jugés démesurés.
On a senti un vrai frisson, presque une déclaration, quand elle a lancé le fameux « Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous » de Barbara, avant d'inviter tout ce beau monde au pot de l'amitié. Au son des groupes folkloriques Lo Cepon et La Brissaudo, ce renouveau politique s’est fêté dans la joie et l'authenticité, prouvant que cette nouvelle équipe veut rester au plus près des gens de chez nous.
[reportage Marcel Orengo]
"T'es d'où Toi ?"
Jean Giovannetti présente son livre « T’es d’où toi ? » au Select Bar
Au Select Bar, chez Max, café central de Vence, Jean Giovannetti a consacré l’après-midi à la dédicace de son ouvrage T’es d’où toi ?, un livre dans lequel il retrace des épisodes marquants de son parcours personnel et de la vie vençoise des années 60.
Entre deux signatures, Jean revient sur son enfance au Cours Montaigne, où il a étudié avec son frère Damien. Cet établissement constituait alors un espace d'éducation et de sociabilité pour les jeunes internes et externes. Les deux frères y passaient l’essentiel de leur temps y compris au dortoir de la Villa Le Rêve.
Le Select Bar occupe aujourd’hui une place importante dans sa démarche de transmission. L’auteur y rencontre lecteurs et habitants, et y partage des souvenirs qui éclairent l’évolution de Vence sur plusieurs décennies.
Sa présence au café s’inscrit dans une volonté de maintenir un lien direct avec le public local, en ancrant son livre dans les lieux mêmes qui ont façonné son histoire.
[reportage Marcel Orengo]
Le 28 mars 2026

La modernité beaudelairienne
Vence en Poésie – Une soirée sous le signe de la modernité baudelairienne
27 mars à 19h – Salle des Meules, Vence
La soirée du 27 mars, organisée par Vence en Poésie, a offert au public un voyage vibrant au coeur
de la modernité littéraire, guidé par la voix d’Yves Ughes. Consacrée aux Tableaux parisiens et aux
Poèmes en prose de Baudelaire, elle a révélé combien l’oeuvre du poète demeure, aujourd’hui
encore, un miroir aigu de nos défis contemporains.
Baudelaire, poète de la rupture et de la modernité
Yves Ughes a d’abord rappelé le contexte historique : la condamnation du Figaro lors du procès des
Fleurs du mal, les six pièces censurées auxquelles Baudelaire répond en ajoutant trente-deux
nouveaux poèmes, et la création d’une section inédite, Les Tableaux parisiens, véritable
provocation littéraire.
Face à la poésie romantique encore dominante — celle de Lamartine ou de Victor Hugo, célébrant
la nature — Baudelaire impose un geste radical : la ville devient son territoire poétique.
Paris, ses pauvresses, ses débauchés, ses travailleurs brisés, ses rues en transformation, deviennent
les acteurs d’une nouvelle comédie humaine.

Paris, amante et tourmente
Baudelaire entretient avec Paris une relation passionnelle. Il ne la quitte presque jamais, y déménage trente-huit fois, bohémien urbain arpentant sans relâche ses rues.
« Cette vie est un hôpital où chacun veut changer de lit », écrit-il : la ville est à la fois refuge, labyrinthe et lieu d’interrogation existentielle.
Entre 1853 et 1870, Paris se métamorphose sous l’impulsion d’Haussmann. Baudelaire a trentedeux ans lorsque les travaux commencent. La capitale, alors deuxième ville du monde après Londres, est encore sans tout-à-l’égout, peuplée de cochons et de poules, traversée d’eaux usées.
Le percement des grands boulevards, la création des réseaux d’eau potable, l’éclairage au gaz, l’arrivée de dizaines de milliers d’ouvriers, les parcs Monceau, Montsouris ou Vincennes : tout concourt à faire de Paris un immense chantier.
Cette Babylone moderne, loin de l’effrayer, stimule son écriture. Baudelaire capte ce bouleversement et invente une forme nouvelle : le poème en prose, héritier de l’expérimentation médiévale d’Aloysius Bertrand.
Fantasmagorie, condition humaine et incommunicabilité
Dans sa préface, Baudelaire décrit son ouvrage comme « un livre à la fois avec tête et queue », que le lecteur peut ouvrir où il veut. Liberté nouvelle, lecture éclatée, modernité assumée.
Yves Ughes a montré comment ces poèmes révèlent :
- la comédie humaine,
- la condition humaine,
- la fantasmagorie d’un monde où beauté et misère se côtoient.
Le poème Un plaisant évoque ce « chaos de boue et de neige » où se mêlent Spleen et Idéal.
La ville devient un lieu qui « trouble le cerveau des plus forts ».
Un âne y incarne la fatuité nationale, concentré de l’esprit français.
Baudelaire explore aussi l’incommunicabilité, même entre ceux qui s’aiment. Le café devient symbole d’un monde où « tout l’or du pauvre monde » scintille, mais où chacun reste séparé.
« Comme c’est beau, une maison où ne peuvent entrer que les gens qui ne sont pas comme nous », écrit-il, soulignant l’ironie tragique de la solitude humaine.
Figures de la douleur : saltimbanques, fous, Vénus implacable
Aragon disait que chez Baudelaire, tout concourt à créer une fantasmagorie de la condition humaine.
Yves Ughes a donné chair à ces figures : pauvres, difformes, saltimbanques, fous, êtres blessés qui aspirent pourtant à la beauté.
Dans Le Fou et la Vénus, un bouffon affligé contemple la déesse de marbre, implacable, tournée vers le lointain.
Privé d’amour et d’amitié, il cherche malgré tout à comprendre l’immortelle beauté.
Le contraste entre mal et extase, entre orgie silencieuse et froide perfection, éclaire la tension fondamentale de l’œuvre.
L’Étranger et le désir d’ailleurs
La soirée s’est ouverte sur L’Étranger, premier poème des Petits poèmes en prose, et s’est refermée sur son écho inversé :
« N’importe où hors du monde », invitation à fuir vers le Portugal, la Hollande, Batavia, Bornéo ou les pôles.
Mais l’âme du poète ne répond pas : ne se plaît-elle que dans le mal ?
Cette quête d’ailleurs, toujours déçue, dit la profondeur du malaise moderne.
Une scène ouverte lumineuse
La deuxième partie de la soirée a offert un moment de partage rare : une scène ouverte riche, diverse, chaleureuse, où chacun a pu faire entendre sa voix.
La soirée s’est achevée sur un instant suspendu : L’Invitation au voyage, chantée par la voix de cristal d’Amy Blake, a enveloppé le public d’une douceur presque irréelle.
Une modernité toujours vivante
Grâce à Yves Ughes, Baudelaire est apparu non comme un monument figé, mais comme un compagnon de route, un penseur de la ville, de l’humain, de l’angoisse et du désir.
Sa modernité, telle que l’a révélée cette soirée, demeure au coeur de nos propres interrogations : comment bâtir un monde plus humain, plus sensible, plus lucide ?
À Vence, ce 27 mars, la poésie a rappelé qu’elle n’est pas un luxe, mais une nécessité.
Maria Blazquez
L’éclat du Festival La Lumière
Pour sa deuxième édition, le festival La Lumière propose une rencontre singulière entre le septième art et les arts plastiques. Durant quatre jours, la programmation déploie une sélection diversifiée de fictions, biopics et documentaires, complétée par des séances spécifiquement dédiées au jeune public.
Cette manifestation explore la création artistique sous toutes ses formes, de la peinture à la photographie, en passant par la sculpture, la musique et l’écriture.
Au-delà des projections cinématographiques, l’événement invite au partage et à la découverte à travers un cycle d'expositions, de conférences et d'ateliers animés par des artistes invités.
Le festival investit plusieurs lieux emblématiques de la commune, transformant le territoire en un véritable parcours culturel impliquant notamment la Galerie du Tilleul, la Galerie Bleue et la Galerie des Baous.
Cette nouvelle édition s'adresse à tous les publics, qu'ils soient curieux, passionnés ou désireux de s'interroger sur le geste créateur et la place de l'art dans le quotidien. Le calendrier de l'événement s'articule autour de moments forts, débutant par des vernissages d'expositions telles que « Lumière du monde » ou « Exposition La Lumière ».
La programmation thématique aborde des sujets variés, du japonisme à l'art nouveau, en passant par des portraits d'artistes et des hommages à des figures majeures de la photographie et de la musique. Des ateliers d'écriture de haïku et des conférences sur la calligraphie, organisés à la Micro-Folie, viennent enrichir cette proposition pluridisciplinaire, affirmant la volonté du Cinéma Casino de créer un dialogue permanent entre les images animées et les autres vecteurs d'expression artistique.
[reportage Marcel Orengo]
Femmes en mots, femmes en lutte

La Villa Alexandrine accueillait, ce vendredi 13 mars 2026, une soirée consacrée à celles qui ont osé écrire malgré les interdits. Dans la Salle de l’Europe, les voix de Cosette Travere et Claude Joyard faisaient revivre des femmes qui, à travers les siècles, ont affronté préjugés, enfermements ou violences pour préserver leur liberté intérieure.
Le parcours s’ouvrait avec Sappho, dont les fragments — « la splendeur du soleil, c’est l’amour » — continuent d’irriguer la poésie. Son héritage traverse les siècles, parfois déformé par Musset ou Pierre Louÿs. Puis surgissait Wallada Bint al-Mustakfi, poétesse andalouse libre et insolente, affirmant que l’amour défie toute logique. Hildegarde de Bingen, visionnaire du XIIᵉ siècle, mêlait musique, mystique et médecine dans une œuvre où l’intuition du féminin et du masculin se répond.
Christine de Pizan, en pleine guerre de Cent Ans, refusait de se remarier pour préserver son indépendance et affirmait dans La Cité des dames que « le bonheur tient dans la main ». Gabriela Mistral, première femme nobélisée, écrivait avec une simplicité poignante : « J’ai le bonheur fidèle et le bonheur perdu. »
La soirée prenait un ton plus grave avec Charlotte Delbo, résistante et déportée, qui écrivait pour restituer la mémoire des disparus : « Tout nous sera rendu avec la liberté. » D’autres voix, venues d’ailleurs, élargissaient encore le paysage : Fadwa Touqan, luttant contre la prison domestique ; Déwé Gorodey, militante kanak rappelant que le chemin est long pour les femmes ; Leonora Carrington, artiste surréaliste marquée par la violence politique mais fidèle aux « conversations inspirées par des affinités ».
Ana Blandiana, réduite au silence par la dictature roumaine, voyait dans la poésie un acte de survie. Yaryna Chornohuz, médecin sur le front ukrainien, en fait une arme de résistance, une langue du cœur. La soirée se refermait sur un poème inédit d’Andrée Chedid, comme une dernière respiration lumineuse.
Ainsi, à la Villa Alexandrine, ces voix rassemblées rappelaient que l’écriture n’est pas seulement un art : c’est un geste de liberté, parfois vital, toujours nécessaire.
[reportage Maria Blasquez]

Soirée Moustaki Vence en poésie, Printemps des Poètes 2026
Il y a des soirs où la poésie ne se contente pas d’être dite : elle respire, elle circule, elle relie.
La soirée dédiée à Georges Moustaki, dans le cadre du Printemps des Poètes dont le thème est cette année la Liberté, fut de ceux-là : un moment suspendu où les voix, les cordes et les cœurs ont battu à l’unisson.
Dans la petite salle comble — trop petite pour les plus de quatre-vingts personnes venues écouter, partager, se souvenir — Patrick Peyra et Renaud Vanin ont fait revivre les grandes chansons de ce Métèque céleste.
Ma liberté, Avec ma gueule de métèque, La terre est un jardin…
Autant de chants qui, aujourd’hui encore, éclairent nos chemins et nous rappellent que la liberté n’est pas un mot ancien, mais une force vive, une énergie déployée, une respiration essentielle trop brutalement piétinée.
Entre les reprises, les morceaux de guitare classique ouvraient des clairières de douceur, et les chansons inédites de Patrick venaient comme des confidences offertes au public : un univers tissé d'amour et de force : la poésie et la musique comme une révolution permanente que chantait déjà Moustaki.
La poésie et la musique comme maîtres d’œuvre de notre fragile humanité. La poésie et la musique comme une arme puissante de résistance face à tout ce qui nous menace.
Dans un monde où les sirènes de la guerre grondent à nouveau, cette soirée a rappelé
que la poésie demeure cette parole fondatrice celle qui affirme — par-delà les pouvoirs et les frontières — que nous ne sommes que des graines d’humanité portées par le vent, susceptibles de s'enraciner et de fleurir que dans des valeurs qui nous nourrissent : l’amour, la liberté, la solidarité, la joie partagée.
Deux présences politiques à l'heure des prochaines élections municipales à Vence, ont salué la qualité de cette rencontre et promis qu’une salle plus grande serait bientôt mise à disposition. La jauge de quarante places a été largement dépassée : la poésie attire, rassemble, console, élève.
La soirée s’est achevée autour d’un pot de l’amitié, où les conversations se sont prolongées, les rires ont circulé, et chacun est reparti avec un peu plus de lumière au fond des yeux.
Prochain rendez-vous — Vendredi 27 mars à 19h
Dans la continuité du Printemps des Poètes, nous aurons le plaisir d’accueillir Yves Ughes pour une traversée des Tableaux parisiens de Baudelaire :
« Les Boulevards Haussmann entre Spleen et Idéal ».
Une autre manière d’explorer la liberté — celle de la pensée, du regard, de la langue.
Maria Blasquez
Le parfum d’un village en fête
Chaque premier week‑end de mars, Tourrettes‑sur‑Loup se rassemble autour d’une fête qui lui ressemble : amicale, joyeuse, profondément villageoise. La Fête des Violettes, née en 1952 sous l’impulsion de l’artiste écossais Victor Linton, demeure un hommage vivant aux horticulteurs et à leur savoir‑faire, mais aussi un moment où l’on célèbre la saison de la violette dans une atmosphère chaleureuse et familière.
Le premier jour s’ouvre comme une déambulation douce dans le village décoré. Les ruelles sentent la fleur fraîche, les stands dévoilent les produits du terroir, les artisans partagent gestes et secrets, et les visiteurs découvrent les métiers liés à la culture de la violette. On goûte, on échange, on apprend : c’est un temps de rencontres, où la tradition se raconte au détour d’une place ou d’un atelier.
Le lendemain, la fête prend un tour plus effervescent. Le corso fleuri, devenu au fil des décennies une véritable institution, déploie ses chars entièrement recouverts de fleurs. Les vélos et attelages bricolés des premières éditions ont laissé place à des constructions imposantes, patiemment réalisées par les associations et les petites mains du village. Autour d’eux, la bataille de fleurs, les musiques, les costumes et les rires transforment les rues en un théâtre coloré où chacun participe, enfants comme anciens, habitants comme visiteurs.
Cette fête, plus qu’un événement, est un geste collectif. Elle rassemble producteurs, commerçants, bénévoles et familles dans un même élan, celui de faire vivre une tradition qui n’a jamais perdu son âme. À Tourrettes‑sur‑Loup, la violette n’est pas seulement une fleur : c’est un lien, un parfum de convivialité, une manière de célébrer ensemble la fin de l’hiver et la beauté d’un savoir‑faire transmis de génération en génération.
[reportage Marcel Orengo]
Le point d’orgue, comme toujours, fut le Corso fleuri. Un défilé somptueux, généreux, porté par près de 60 000 fleurs, avant la traditionnelle bataille de fleurs qui a transformé la place en un tourbillon coloré. Ce moment suspendu, où les pétales volent comme des confettis naturels, rappelle combien la fête est d’abord un geste de partage : un hommage à la terre, aux cultivateurs, aux bénévoles, et à tous ceux qui perpétuent l’esprit de Tourrettes.
L’édition a également été marquée par la présence et l’engagement de l’association Patrimoine Vivant du Pays de Grasse, à qui l’on doit le dossier ayant conduit, en 2018, à l’inscription des savoir‑faire liés au parfum au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité. Leur stand, très fréquenté, témoignait de la continuité entre traditions agricoles, création olfactive et identité culturelle.
La réussite de la fête doit beaucoup à l’implication collective. Le maire Frédéric Poma, les élus, l’administration municipale, les services techniques et les nombreux bénévoles ont orchestré une organisation fluide, chaleureuse et exemplaire. Cette mobilisation, visible à chaque coin de rue, a contribué à une affluence exceptionnelle : tout laisse penser que le record de l’an dernier — 14.000 visiteurs — a été dépassé, signe d’un attachement populaire qui ne faiblit pas.
Au-delà des chiffres, cette 74ᵉ édition a rappelé que la Fête des Violettes n’est pas seulement un événement festif : c’est un miroir de l’âme du village, un moment où patrimoine, convivialité et transmission se rejoignent. Une célébration qui, année après année, continue de fleurir dans les mémoires.
Et déjà, l’on se surprend à attendre la prochaine édition, avec l’impatience douce de ceux qui savent que certaines traditions ne cessent jamais de s’épanouir.
[reportage Marcel Orengo]
Une petite musique monte
La salle verte, agréable mais peu acoustique, s’anime dès 19h. Entre les éclats de rire et les vocalises un peu hésitantes, huit voix s’élèvent, se cherchent, s’accordent. Ici, pas de partition compliquée ni de pression scénique : juste le plaisir de chanter ensemble. Bienvenue dans l’univers de « Le Chant en Partage », une association aussi jeune que déterminée, où la musique se vit avant tout comme une aventure humaine.
Fabienne Méon, présidente et âme du groupe, a toujours eu la chanson chevillée au corps. « Depuis toute petite, je chantais partout, même sous la douche ! », confie-t-elle en souriant. Avec son mari Roger, trésorier et ancien « chanteur de baignoire » reconverti en baryton amateur, elle a décidé de concrétiser cette passion en juillet 2025. « On voulait créer un espace où chacun pourrait s’exprimer sans complexe », explique-t-il, non sans une pointe de fierté.
Le groupe s’est formé naturellement, au gré des rencontres et des hasards. Marie-Christine et Patrick, aux voix complémentaires, en sont les piliers. Margaux, 22 ans, a rejoint l’aventure après une soirée karaoké où son interprétation d’Édith Piaf a marqué les esprits. « Je ne m’attendais pas à me retrouver dans une troupe ! », avoue-t-elle, encore surprise. À ses côtés, Véronique, sa mamie (on a peine à le croire), prouve que la musique n’a pas d’âge. « Elle a plus d’énergie que moi ! », s’amuse Margaux.
L’ambiance est décontractée, presque familiale. « Ici, pas de jugements, pas de compétition. On chante pour le fun, et c’est tout », résume Fabienne. Les répétitions sont rythmées par des fous rires, des essais, des ratés… et parfois, des moments de grâce où les voix s’harmonisent comme par magie. « C’est ça, la magie du chant collectif », murmure Patrick, les yeux brillants.
Leur répertoire ? Un mélange éclectique de chansons françaises, de standards internationaux et même de créations originales. « On essaie de varier pour que chacun y trouve son compte », précise Roger. Après s’être produits lors de la Fête de la Musique et d’animations locales, ils préparent désormais leur premier spectacle, prévu le 26 avril 2026 à la salle des Meules. « On a un peu le trac, mais surtout une énorme envie de partager cette énergie avec le public », confie Marie-Christine.
Ce jour-là, les spectateurs découvriront une troupe attachante, où l’imperfection devient charme et où chaque note est portée par la joie de chanter ensemble. Le Chant en Partage, c’est avant tout une histoire de rencontres, de rires et de vibrations partagées », résume Fabienne.
Et si la musique adoucissait vraiment les mœurs ? À Vence, ces huit passionnés en sont la preuve vivante. Alors, pourquoi ne pas les rejoindre pour une note de bonheur ?
[reportage Marcel Orengo]
Violette, au cœur des sens
Du 20 février au 16 avril 2026, au cœur de la « Cité des Violettes », une exposition inédite invite les visiteurs à redécouvrir l’emblème du village à travers une expérience multisensorielle unique. Intitulée « VIOLETTE. Une fleur, 5 sens », cette déambulation poétique dépasse le cadre de la simple botanique pour toucher à l’âme de Tourrettes-sur-Loup.
Dès l’entrée, le ton est donné par Olivia Gustinelli, commissaire de l’exposition : ici, la violette n'est pas seulement une fleur hivernale, c’est un « emblème vivant ». Si chaque année la célèbre fête du village lui rend hommage, cette exposition propose d’aller plus loin en offrant un « nouveau regard » sur cette petite fleur mauve qui fait la fierté des Tourrettans et des habitants du pays vençois.
Un parcours pour les cinq sens
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La force de cette exposition réside dans son approche immersive. Le visiteur n’est pas un simple spectateur, il est acteur de sa découverte. Le parcours a été conçu comme une véritable « immersion sensible » où chaque sens est sollicité :
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° L’ouïe et l’odorat : Dans les différentes salles, des ambiances sonores et des effluves délicats accompagnent la visite, recréant l’atmosphère des champs et des ateliers.
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° Le toucher : Des dispositifs tactiles et des jeux de matières permettent un contact direct avec l’univers de la fleur, rendant l’expérience concrète et accessible à tous les publics.
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° La vue : Une mise en scène soignée souligne la richesse esthétique de la plante.
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° Le goût : L’exposition n’oublie pas la dimension gustative, rappelant que la violette est un pilier du patrimoine culinaire et artisanal local.
Entre tradition et modernité
Plus qu’une simple présentation historique, « VIOLETTE. Une fleur, 5 sens » se veut un « dialogue entre passé et présent ». L’exposition rend un vibrant hommage à ceux qui, hier comme aujourd’hui, cultivent, transforment et célèbrent cette fleur fragile.
C’est une invitation à ralentir, à prendre le temps de la contemplation et à s’imprégner de la richesse symbolique d’un patrimoine qui traverse les générations. Pour les organisateurs, l’objectif est clair : sensibiliser un large public à travers un parcours pédagogique qui mêle habilement tradition et regard contemporain.
Une étape incontournable pour quiconque souhaite comprendre l'identité profonde de Tourrettes-sur-Loup et se laisser surprendre par une fleur que l'on pensait, à tort, trop bien connaître.
[reportage Marcel Orengo]
Spitler, en toute simplicité
Michel Joyard remet la parole au centre
La galerie La Pointe Badine accueillait ce 6 février un public curieux pour le vernissage de “TALKS”, la nouvelle exposition de l’artiste Michel Joyard. Dans l’atmosphère chaleureuse du lieu, les visiteurs ont découvert une série de toiles rarement montrées, réunies pour la première fois autour d’un thème central : la parole.
Face à ses œuvres, Michel Joyard résume l’intention avec une franchise qui lui ressemble : « On a essayé de regrouper quelques tableaux sur le thème de la parole. On voit des personnages qui parlent entre eux, qui qui se répondent. Et il y a aussi une histoire de temps, ce sont des tableaux anciens. Ils ont une trentaine d’années. C’est exactement ça. »
Ces peintures, créées il y a près de trente ans, semblent pourtant étonnamment actuelles. Les silhouettes dialoguent, se frôlent, s’interpellent. La parole circule, hésite, se transforme. Joyard capte ce moment fragile où l’échange devient matière, où le langage se fait geste, rythme, vibration.
L’accrochage, pensé avec sobriété, laisse respirer chaque scène. Le visiteur se retrouve témoin d’une conversation interrompue, d’un murmure suspendu, d’un secret partagé. Le temps, lui aussi, s’invite dans le parcours : ces œuvres anciennes résonnent aujourd’hui avec une force nouvelle, comme si elles anticipaient notre époque saturée de mots et de messages.
Avec “TALK”, Michel Joyard ne montre pas seulement des tableaux : il propose une expérience sensible, presque intime, où l’on regarde la parole autant qu’on l’écoute.
Un moment fort pour la galerie La Pointe Badine, et une belle redécouverte d’un artiste qui sait, depuis longtemps, faire parler ses images.
[reportage Marcel Orengo]
Un vernissage dense et émouvant pour Franta
Samedi 24 janvier 2026, 11h, le Musée de Vence a lancé ce week‑end son exposition majeure de début d’année, Franta, la condition humaine, en présence d’un public particulièrement nombreux. Habitants, élus, personnalités culturelles et amateurs d’art se sont pressés dès l’ouverture pour découvrir l’œuvre de l’artiste d’origine tchèque, installé à Vence depuis 1958.
Au milieu de cette affluence, Franta lui‑même, accompagné de sa fidèle épouse Jacqueline, était présent. Leur émotion, discrète mais palpable, a traversé la foule : un mélange de gratitude, de fierté et de profonde intensité, comme si chaque regard posé sur les œuvres réactivait une part de leur propre histoire.
Au cœur de cette exposition, un fil rouge : l’humain. Le musée rappelle que la trajectoire de Franta — exil, résistance, résilience — irrigue toute sa création. Son œuvre, figurative et expressive, se déploie comme un récit des combats d’un homme contre les formes de pouvoir et d’oppression qui traversent le monde contemporain. L’artiste y affirme une conviction constante : la condition humaine repose autant sur la défense de la liberté individuelle que sur la conscience du collectif.
Dans les salles, les visiteurs découvrent des peintures, dessins et sculptures où dominent silhouettes sombres, corps fragmentés, formes rageuses. Une esthétique volontairement tendue, marquée par les secousses de l’histoire. Mais loin du désespoir, les figures debout ou en mouvement témoignent d’une vitalité persistante, presque combative. Cette tension, signature de Franta, devient la métaphore d’un espoir possible, d’une humanité qui refuse de céder.
Reconnu dès les années 1960 comme l’une des voix d’un « nouvel humanisme », Franta continue de toucher par la force de son engagement. Son œuvre, rappelle le musée, se dresse comme un rempart contre la déshumanisation d’un monde dominé par l’autocratisme, la technologie et l’individualisme.
Le vernissage a également été l’occasion d’inaugurer l’Espace Franta, un nouvel espace permanent dédié à l’artiste au troisième étage du musée, rendu possible par une importante donation d’œuvres. L’artiste et Jacqueline, visiblement émus lors de la découverte de cet espace qui leur est désormais consacré, ont longuement échangé avec les visiteurs. L’exposition temporaire, quant à elle, se tiendra jusqu’au 24 mai 2026, offrant au public plusieurs mois pour découvrir ou redécouvrir une œuvre qui n’a jamais cessé de dialoguer avec notre époque.
[reportage France-Hélène]
Le 11 juin 2015, Franta nous avait reçus, Yves Hugues et moi, dans sa propriété de Vence. Il nous avait accordé une longue interview consacrée à son parcours, évoquant avec générosité les étapes marquantes de sa vie, dont un moment décisif : sa rencontre avec Jacqueline, celle qui deviendra son épouse.
[Marcel Orengo]
Une cérémonie des vœux tournée vers le bilan et la cohésion
La salle Paul Ceuzin a accueilli, vendredi 23 janvier 2026, la cérémonie des vœux du maire de Tourrettes‑sur‑Loup, Frédéric Poma. Devant un public nombreux, l’édile a présenté les principales actions menées en 2025, dans un format volontairement factuel en raison de la période pré‑électorale.
Le maire a ouvert la soirée en remerciant les agents communaux, les services municipaux, les associations et les acteurs économiques du village. Trois personnalités institutionnelles étaient présentes : Vanessa Lellouche, conseillère départementale, Alexandra Borchio Fontimp, sénatrice des Alpes‑Maritimes, et Éric Pauget, député de la circonscription.
Le bilan de l’année écoulée a mis en avant plusieurs temps forts : la fête des Violettes, qui a atteint un record de fréquentation, les marchés de Noël, les Estivales, ainsi que de nombreuses expositions et animations culturelles. L’obtention du label Pays d’art et d’histoire a constitué l’un des faits marquants pour la valorisation du patrimoine local.
Sur le plan des infrastructures, le maire a rappelé l’inauguration des nouveaux locaux de la police municipale, la rénovation des courts de tennis, l’ouverture des jardins de la Bastide et l’achèvement des travaux de l’église Saint‑Grégoire. Les avancées du PLU, les actions environnementales et l’installation de nouveaux agriculteurs au domaine du Caire ont également été évoquées.
La dimension sociale a occupé une place importante, avec l’accueil de réfugiés ukrainiens, les actions du CCAS, le lancement des comités de quartier et les travaux du Conseil des sages autour de la filière violette.
Frédéric Poma a conclu en adressant ses vœux de santé et de réussite pour 2026, avant de partager la traditionnelle galette des rois avec les participants.
[reportage André Marie et Marcel Orengo]
Musiques Sacrées en l’église Saint-Grégoire
Une soirée de Musiques Sacrées
Le 18 janvier 2026, l’église Saint-Grégoire de Tourrettes-sur-Loup, récemment restaurée, est devenue le théâtre d'une parenthèse hors du temps. Sous la direction habitée de Jacques Maes, et soutenu par le jeu nuancé de la pianiste Yuko Fujie, le Chœur de Tourrettes-sur-Loup a présenté son programme « Musiques Sacrées d’hier et d’aujourd’hui », un voyage sensible à la croisée des époques.
En ouverture, le Père Daniel Bréhier a rappelé la double vocation de cette église : une « maison commune » dédiée à la prière, mais aussi un haut lieu de culture. En citant Jean-Paul II, il a souligné que la culture est l’essence même d'une vie véritablement humaine. S'appuyant ensuite sur la pensée de Saint Augustin, il a dépeint l'harmonie musicale comme le reflet de la beauté de la création, unissant ainsi patrimoine, foi et expression artistique dans un même souffle.
Prenant la suite, Dominique Honnorat, présidente du Chœur de Tourrettes-sur-Loup, a exprimé l'immense honneur pour l'ensemble d'être les premiers à se produire dans cet écrin rénové. Après avoir remercié le Père Daniel pour son accueil et la municipalité pour sa sollicitation, elle a partagé la joie du chœur et de ses chefs de retrouver le public. Avant de laisser « place à la musique », elle a conclu son allocution en adressant ses vœux de belle année 2026 aux spectateurs.
Le concert a débuté sous le signe de la sérénité avec les œuvres contemporaines d’Elaine Hagenberg. Awake, my soul et Deep peace ont enveloppé l’assemblée d’une lumière méditative, portées par une finesse vocale remarquable. Le chœur a ensuite exploré les sommets du répertoire classique : la grâce du Laudate Dominum de Mozart, la majesté du Zadok the Priest de Haendel et la poésie intemporelle du Cantique de Jean Racine de Fauré.
Un intermède pianistique, intitulé Prières de Lumière, a permis à Yuko Fujie de déployer une palette sonore introspective, prolongeant avec délicatesse cette quête de spiritualité. La seconde partie a renoué avec l'émotion pure, mêlant l'intimité d'Elaine Hagenberg au célèbre Panis Angelicus de César Franck, avant que le Te Deum n°2 de Joseph Haydn ne vienne clore la soirée dans une jubilation collective, saluée par une ovation debout.
Plus qu’un simple événement musical, ce concert a prouvé que dans l’écrin acoustique de l’église Saint-Grégoire, l’art sacré demeure un langage universel, vibrant et profondément humain.
[reportage Marcel Orengo]
Une cérémonie des vœux 2026 sous le signe de l’unité et de la transmission
Ce samedi 17 janvier, le gymnase Dandréis n'était pas seulement le théâtre d'un protocole officiel, mais le point de ralliement d'une communauté soudée. Entre performances musicales du Conservatoire et mise à l'honneur de talents locaux, la municipalité a célébré l'esprit de sa « Ville-cocon » dans une ambiance aussi solennelle que chaleureuse.
L'accueil s'est fait en musique avec les airs du groupe Lo Cepon, qui a immédiatement installé une proximité avec les participants dès leur arrivée. Pour lancer officiellement la réunion, l’ensemble de flûtistes « Les Piccolo » du Conservatoire de Musique a pris le relais, apportant une touche de fraîcheur et de dynamisme à l'ouverture du discours.
Une assemblée de visages familiers et officiels
L’événement a également été marqué par la présence de nombreuses personnalités de la région, venues témoigner de leur attachement à la cité vençoise. Parmi elles, l'élégance et la tradition étaient incarnées par Marie-Florentine Clerico, Reine de Vence 2025, dont la présence symbolisait la continuité des coutumes et le rayonnement de la jeunesse locale.
En raison de la période de réserve électorale, le Maire, Régis Lebigre, a fait l'impasse sur le traditionnel catalogue de bilans et de projets. Il a préféré centrer son message sur la force du modèle vençois : une ville autonome, riche de ses commerces et de ses services, où le lien entre les générations reste une réalité concrète. « C’est cette unité Vençoise qui nous relie et nous permet de résister à l'anxiété de ces temps incertains », a-t-il martelé, définissant Vence comme une ville qui unit et protège, de la petite enfance au grand âge.
La séquence des médaillés 2026 de la Ville a permis de mettre en lumière la diversité de l'excellence locale :
Elsa Lelaumier, pour son rôle de Présidente du jury du Goncourt des Lycéens 2025.
Gabriel Bain, champion de France Caterham 420 R et pilote prodige.
Maryse Baillon, récompensée pour son engagement indissociable des fêtes traditionnelles.
Pour conclure cette matinée, le symbole a rejoint la tradition. La classe de galoubet et tambourin du Conservatoire de Musique de Vence, sous la baguette de Barthélémy Clerico, a interprété une Marseillaise remarquée. Les instruments provençaux ont donné un relief particulier à l'hymne national, clôturant l'événement sur une note de fierté partagée avant le moment de convivialité final.
[reportage Marcel Orengo]
Échos Visuels
Exposition du photo-club IBM Côte d’Azur au centre culturel La Coupole.
Fidèle à la tradition Le Photo-club IBM Côte d’Azur a décoré les murs du centre culturel au travers d’une superbe exposition sur le thème Échos Visuels. Un remarquable jeu de couleurs et de créativité se déploie au travers des œuvres des membres du club, mettant en valeur une maîtrise aboutie de la technique de composition en diptyque. Présent lors de l’évènement, Bruno Lamy, adjoint à la culture représentant le Maire Bruno Bettati, a souligné et salué la qualité du travail présenté lors de cette exposition.
Pour le plaisir des yeux n’hésitez pas à venir découvrir cette exposition jusqu’au 27 Janvier prochain. Centre culturel LA COUPOLE 7382-7446 Rte de Cagnes 06610 La Gaude
Maurice ZANELLA
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Inauguration et bénédiction de l'église :
une journée historique pour le patrimoine tourrettan
Le soleil d'hiver baigne la cité des violettes d'une lumière cristalline ce matin du 11 janvier 2026. Sur la place du Scouredon, l'effervescence est à son comble. Face au panorama grandiose des Baous, les habitants de Tourrettes-sur-Loup se sont massés pour assister à un moment historique : la réouverture officielle de leur église paroissiale. Devant l'assistance, les personnalités se succèdent au micro pour célébrer ce renouveau patrimonial, mêlant autorités de la République et dignitaires de l'Église dans une solennité partagée.
C’est Madame Dominique Estrosi-Sassone, Sénatrice des Alpes-Maritimes, qui porte la voix de la Nation en ouvrant ces hommages, soulignant l'importance de nos racines communes. À ses côtés, Monseigneur Jean-Philippe Nault, Évêque du Diocèse de Nice, exprime la joie de la communauté catholique de retrouver son sanctuaire.
En sa qualité d'hôte et de premier magistrat, Monsieur Frédéric Poma, Maire de Tourrettes-sur-Loup, prend ensuite la parole pour retracer le chemin parcouru par sa commune. Il rend un vibrant hommage au talent des artisans et des Compagnons qui ont œuvré à cette restauration, tout en saluant l'engagement des partenaires publics. Il est soutenu dans cette démarche par Madame Vanessa Lellouche, Conseillère départementale, dont l'intervention rappelle l'attachement du Département au financement de tels chantiers d'exception, indispensables à l'identité locale.
Le monde ecclésiastique, gardien de l'âme du lieu, est également à l'honneur avec la présence du Chanoine Daniel Bréhier, Curé de la paroisse, entouré du Père Alexis Barraza Diaz, Vicaire, du Père Slawomir Szczepaniak, Prêtre résident, et de Monsieur Jean-Marie Leyssene, Diacre.
Une fois les discours achevés, la foule franchit enfin le grand portail de bois pour découvrir la nef restaurée, où l'émotion se fait plus recueillie. Le point d'orgue de cette matinée est alors la célébration de la messe solennelle, présidée par Monseigneur Jean-Philippe Nault.
Sous les voûtes qui résonnent à nouveau de chants sacrés, l'Évêque, entouré du clergé local, conduit cette liturgie d'action de grâce. Ce moment de communion spirituelle vient parfaire la dimension civile de l'événement, redonnant à l'église de Tourrettes-sur-Loup sa pleine vocation : celle d'un monument de pierres vivantes rendu à la foi et à la mémoire des habitants.
[reportage André Marie et Marcel Orengo]
Lo Cepon célèbre son 18e Baleti
VENCE — En ce tout début d’année 2026, la salle paroissiale de Vence a retrouvé des airs de fête d’antan.
Samedi 3 janvier, l’association Lo Cepon a rassemblé habitants, danseurs passionnés et curieux pour son traditionnel Baleti d’hiver, un rendez‑vous désormais incontournable pour les amoureux des musiques et danses provençales.
Dès la tombée de la nuit, les premiers accords de galoubet‑tambourin ont résonné dans la salle, donnant le ton d’une soirée placée sous le signe de la convivialité. Autour des musiciens, les couples se sont rapidement formés pour enchaîner farandoles, rigodons, quadrilles et autres danses collectives qui font la richesse du patrimoine local.
« Ce bal, c’est notre manière d’ouvrir l’année en rassemblant les Vençois autour de ce qui nous unit : la langue, la musique et la joie de danser ensemble », a confié un membre de Lo Cepon, visiblement ravi de voir la salle comble malgré la fraîcheur hivernale.
Entre deux sets, les participants ont pu profiter d’un buffet partagé, fidèle à l’esprit associatif, favorisant les échanges et les retrouvailles. Plusieurs familles venues avec enfants ont souligné la dimension intergénérationnelle de l’événement, où les plus jeunes apprennent les pas en observant les anciens.
Avec ce Baletti 2026, Lo Cepon confirme une fois encore son rôle essentiel dans la transmission des traditions provençales à Vence. Une manière chaleureuse de commencer l’année, les pieds sur le parquet et le cœur au pays.
[reportage France-Hélène}












